‹ Historie du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 285 sur 303 · II Sam., ch. xxi · texte numérisé non relu

II Sam., ch. xxi

n'aurait dû demander qu'à sa sagesse. On vit rarement une assiette d'esprit plus superstitieuse. La perpétuelle terreur d'une force inconnue et capricieuse empêchait chez lui tout exercice sain du jugement. Des rapports prolongés avec les écoles de prophètes lui avaient donné une débihté nerveuse, une sorte de tendance à Tépilepsie. Tout cela, joint à un tempérament mélancolique et aux responsabilités d'un rôle nouveau en Israël, perdit le pauvre Saûl. Il tomba dans une sorte de folie, que l'on considéra comme TefFet d'un souffle malveillant de Dieu*. Frappé d'inconscience, il se livrait à des gestes désordonnés, comme ceux des prophètes en leurs accès ^ On ne réussissait à le ramener à lui que par une musique analogue à celle des nabis. Les sons graves de la harpe surtout le calmaient. En ses moments d'humeur noire, on appelait les harpistes les plus habiles pour remédier au trouble de ses sens ^

Dans ce monde passionné de l'ambition orientale, l'homme n'a pas le droit de faire une faute. Il y a toujours à portée quelqu'un de prêt à en profiter. Les intermittences de la raison de Saul eussent été

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