‹ Historie du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 287 sur 303 · ISani., XIV · texte numérisé non relu

ISani., XIV

412 HISTOIRE DU l'EUPLE D'ISRAËL.

son. Le sort de ceux qui ont travaillé à une œuvre est souvent de la voir passer en des mains plus capables de la faire réussir, et ainsi de voir leur création se continuer mieux que par eux, sans eux. L'histoire est tout le contraire de la vertu récompensée. La famille du véritable fondateur de la force d'Israël fut exterminée. Le condottier sans scrupules qui prit sa place devint le roi « selon le cœur de Dieu y>, Taïeul censé de Jésus, celui que l'opinion de l'humanité a couronné de toutes les auréoles. Telle est la justice de lahvé; le monde appartient h ceux qui lui plaisent.

Dans une des campagnes contre les Philistins, dont le théâtre fut le ouadi des Chênes, près de Soco, etÉphès-Dammim, en Juda*, on commença de remarquer un Bethléhémite nommé Daoud ou David, fils d'Isaï^ Ce jour-là, on admira surtout l'héroïsme d'un certain Éléazar, fils de Dodo,

1. II Sam., XXIII, 9 et suiv., corrigé par I Chron., xi, 12 et suiv., xxvii, 4.. Comp. 1 Sam., xvii, 1.

2. Mém. sur les Noms théophores apocopes, dans la Revue des études juives, oct.-déc. 1882, p. 168-169, Voy. ci-dessus, p. 31-32. Comparez Dodkarib dans les inscriptions himyarites {Corpus, n" 5). On a pu croire que le nom de David figurait dans Tinscription de Mésa, sous la forme niM équivalente du MM biblique ; cela est très douteux. Cf. Journal des savaniSy V' mars

l'Ahohite^, qui, presque seul, arrêta les Philistins vainqueurs. David fut tout le temps à côté de lui, combattant avec rage. La réputation du jeune guerrier grandit promptement. Il était brave, hardi, adroit et, à l'égal des Benjaminites, excellent frondeur. Mais ce qu'il avait de plus extraordinaire, c'étaient ses qualités civiles et sociales. 11 naît parfois, dans cet Orient sémitique, habituellement dur et rébarbatif, des prodiges de grâce, d'élégance et d'esprit. David fut un de ces charmeurs. Capable des plus grands crimes, quand les circonstances l'exigeaient, il était capable aussi des sentiments les plus délicats. Il savait se rendre populaire; dès qu'on le^connaissait, on s'attachait à lui^ Son type de figure tranchait sur les visages basanés de ses contribules. Il avait le teint rose, des traits fins et aimables % une parole douce et aisée*. De très anciens textes le présentent comme habile cithariste et poète exercé ^,

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