Notez I Sam., xxxi
pas de moins que de lapider David. Celui-ci résolut de se mettre à la poursuite des Amalécites ; auparavant, cependant, il voulut consulter l'oracle. 11 fit apporter réphod par le prêtre Abiatar et interrogea lahvé en ces termes: « Poursuivrai-je cette bande? L'attendrai-je ? y> lahvé répondit : Poursuis^ tu atteindras, tu délivreras, David partit avec ses six cents hommes. Deux cents s'arrêtèrent au torrent de Besor. Les quatre cents autres continuèrent.
Un Égyptien, esclave d'un Amalécite, qu'ils trouvèrent dans la campagne à moitié mort de faim, les renseigna et les conduisit au camp des Amalécites. Ils trouvèrent les pillards mangeant, buvant, dansant, se réjouissant de l'immense butin qu'ils avaient fait dans le pays des Philistins et de Juda. David massacra toute la bande; il ne s'échappa que les esclaves, qui s'emparèrent des chameaux et s'enfuirent. Les camarades de David recouvrèrent tout ce qu'ils avaient perdu. David retrouva ses deux femmes. On ramena de superbes troupeaux.
Une arrière-pensée, assez digne des gens sans aveu qui composaient la troupe de David, vint alors à l'esprit des bandits victorieux: c'est que les Philistins, les Judaïtes, les Galébites, viendraient réclamer leur bien; qu'il faudrait au moins partager
ce butin avec les traînards restés au Besor. En tête du convoi, on criait: a Ceci est le butin de David, » pour bien établir que tous ceux qui n'avaient pas fait partie de l'expédition avaient perdu leurs droits sur leur ancienne propriété, en d'autres termes, que tout était devenu la propriété des Amalécites, puis celle des membres du petit corps expéditionnaire. Quand on rencontra les traînards de Besor, l'affaire fut vive. Les vauriens qui avaient fait partie de l'expédition ne voulaient rendre aux traînards que leurs femmes et leurs enfants. David estima que les anciens propriétaires des objets volés avaient perdu leurs droits. Mais il fît admettre en principe que ceux qui restaient avec le bagage devaient avoir la même part du butin que ceux qui allaient à la bataille. Ce principe fut dès lors établi comme une règle absolue en Israël. David s'attribua un préciput considérable, sur lequel il envoya de beaux cadeaux à ses amis de Juda, aux anciens des villes, en particulier à ceux d'Hébron, d'Estemoa, de Horma. Les Kénites et les Jérahmélites ne furent pas oubliés. Enfin la ville sainte de Béthel eut sa part. Cette heureuse razzia eut ainsi de graves conséquences. Jusque-là, David avait été très pauvre. Le butin fait sur les Amalécites lui mettait dans la main de grandes
richesses. Ambitieux comme il l'était, il ne vit dans ces richesses qu'un moyen d'augmenter son influence. Juda fut bientôt gagné. Les anciens des villes étaient tous devenus ses amis. Gomment, d'ailleurs, ne pas reconnaître qu'un homme qui réussissait si bien devait être, comme son nom l'indiquait, le a favori de lahvé )>?
Ce qu'il y avait surtout d'extraordinaire dans sa fortune, c'est que ses adversaires mouraient juste au moment qu'il fallait pour son plus grand bien. Saûl et Jonathas disparurent en même temps, à l'heure même que les partisans de David pouvaient secrètement désirer. A la nouvelle delà trouée hardie que les PhiHstins faisaient du côté de Jezraël, Saùl partit de Gibéa avec son fils, et se porta bravement vers le Nord. Les deux armées se rencontrèrent au-dessus de Jezraël. L'état moral de Saiil était on ne peut plus mauvais. Les effets de l'erreur religieuse prolongée se faisaient sentir chez lui d'une manière désolante. A force de chercher à tout propos la volonté de lahvé dans les réponses de Yurim eittimmim et par d'autres moyens non moins frivoles, il était devenu incapable de décision. Samuel, qui, pendant qu'il vécut, fut son nabi toujours redouté, était mort à Rama, sans laisser aucun héritier de son autorité spirituelle. Samuel,
à diverses reprises, avait trouvé des rivaux qui lui disputèrent l'esprit faible de Saùl ; c'étaient les nécromanciens, les sorciers, les ventriloques. Ces puériles illusions avaient de la vogue chez les gens simples. Le parler sourd et lointain du ventriloque, paraissant venir d'un autre monde, était considéré comme la voix des refaim, menant sous terre leur triste vie. Comme tous les peuples simples, dominés par des illusions grossières, les Israélites croyaient aux revenants, aux voix, aux esprits. On attribuait à certaines personnes, surtout à des femmes, le pouvoir de se mettre en rapport avec les ombres des morts et de les faire parler. Les nabis, dont Part souvent n était pas beaucoup plus sérieux, jalousaient naturellement les auteurs de ces prestiges. Samuel les fit interdire par Saùl ^ Mais l'interdiction portée contre des chimères est la marque qu'on y croit et ne fait que leur donner de l'importance auprès des esprits portés à la crédulité.
Saùl était avec son armée sur les pentes des monts Gelboé, à peu près dans les anciennes positions de Gédéon ^ Les Philistins étaient campés vis-à-vis, à Sunem,sur le terrain que devait occuper Kléber le
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