Gen., XX
justice humaine. Ils constituaient ainsi une sorte de tribunal secret. Les accidents incompris, ruines, maladies, fins prématurées, étaient tenus pour des actes de justice des élohim. Le mot yirea, « crainte » , laissant supposer derrière lui un monde inconnu, était synonyme de <r piété »\ Un crime commis faisait vivre dans une perpétuelle appréhension de ce que pouvaient faire les élohim^. Craindre Dieu, c'était croire à la réalité du sens moral; un homme craignant Dieu était un homme consciencieux.
Quelquefois les élohim étaient appelés Béni- Élohim^ <L les fils des dieux, la race divine ». Quand on fit d'élohim un être unique, bien déterminé, les Beni-Élohim devinrent son entourage, une masse d'anges, en parfaite communion avec lui, venant de temps en temps lui faire leur courMl y avait parmi eux des emplois personnels, en particulier celui de ce Satan ou Détracteur, occupé à critiquer l'univers, tandis que les vrais enfants de Dieu n'en voient que les harmonies. Mais il fallait des siècles pour établir dans ce chaos divin quelque ordre et quelque hiérarchie.
Une telle conception, à laquelle nos formules
\. Job, IV, 6; XV, 4.