‹ Historie du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 61 sur 303 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

LE NOM DE lAHVE.

Peut-être la longue histoire religieuse qui part de la tente du nomade, pour aboutir au christianisme et à rislam, tient-elle de la primitive Assyrie, de l'Assyrie accadienne, comme on dit, un autre élément de capitale importance. Ce serait le nom même de Iakoué ou lahvé^ Ce nom propre, dans la théologie des Sémites nomades, est un bizarre contresens. Pourquoi donner un nom propre à celui qui n'a pas de congénère, qui est seul de son

1. La prononciation Jéhovah n'est en usage que depuis le xvii^ siècle. Elle constitue une véritable impossibilité, puisque les voyelles nin^ sont prises au mot "'jI^V. Il y aurait, si l'on s'en tient au texte massorétique, autant de raisons pour dire Jéhovih, puisque les massorètes ponctuent niD'' toutes les fois que le texte porte mn^ ">JTkV. C'est ce qu'on appelle un keri perpétuel; il n'y a là aucune difficulté, dès que l'on sait que la pre-

espèce? C'est là, selon toutes les vraisemblances, un emprunt que ces peuples ont fait au dehors. Rien n'incline à croire que lahvé soit originaire d'Egypte. En Assyrie, au contraire, et en particulier dans les contrées de chaldaïsme aramaïsé, voisines du Paddan-Aram, le mot lahou ou lahvé paraît avoir été employé pour désigner Dieu^ La racine hawa^ écrite par un h doux ou un h dur% signifie, en langue araméenne, l'être, ou le souffle, ou la vie, quelque chose de fort analogue à rouah. La mère de vie, la première femme s'appelait Hawwa; le maître de la vie, l'être suprême, put s'appeler

mière moitié du moyen âge n'avait pas de sheva composé. Supposons qu'il fût ordonné, en lisant, de substituer le nom de Lutèce à celui de Paris; la forme Purèse deviendrait-elle légitime pour cela? Les vraies voyelles de mn*» sont inconnues. Les anciens transcrivaient lETl}, lAOT, lAQ; Clément d'Alexandrie donne 'laoui; Théodoret nous apprend que les Samaritains prononçaient lABE; saint Épiphane adopte la même forme. Saint Jérôme donne laho (voy. les textes réunis par Gesenius, Thés,, p. 577). On trouve aussi lETE (Stade, Z., 1881, p. 346; 1882, p. 173, ili). hdi forme lahvé ou lahwé p^Lvait donc bien représenter la prononciation au moins du IV^ siècle de notre ère.

1. Schrader, p. 23 et suiv. Le lAQ classique est toujours considéré par les Grecs comme d'origine assyrienne.

2. La distinction de ces deux articulations n'existait guère avant l'écriture. Même après Tintroduction de l'alphabet, le H et le n se confondirent souvent pour le son et pour la forme du caractère. V. ci-dessus, p. 75, note 1.

84 HISTOIRE DU PEUPLÉ D'iSPiAEL.

Iakwa, Ce nom était surtout employé quand il s'agissait du dieu qui préside au plus grand des phénomènes de la nature, à la foudre. Les pasteurs sémites, à ce qu'il semble, en furent très frappés et s'habituèrent à envisager lahoua comme synonyme de£'/ ou Elohim. Les Kenaanis, au moins les Hamaihites, adoptèrent la même synonymie. On vit, chez les juifs, un roi s'appeler lo-iaqim et El-iaqim; on vit également à Hamath tel roi s'appeler lahubid el Ilubid\

Le nom sacré se contractait en lahou ou lo, et s'écourtait en lah. Mais l'inscription de Mésa% qui est de l'an 875 à peu près avant Jésus-Christ, nous présente déjà le nom mn*» écrit en quatre lettres comme dans l'hébreu classique. Dès cette époque, du reste, on expliquait le tétragramme par le verbe haïa^ qui est la forme hébraïque de hawa : <l Je suis celui qui suis, » et « Je suis » devenait un vrai substantifs On arrivait ainsi aune sorte de métaphysique, sans s'écarter peut-être beaucoup du sens primitif.

De grands doutes, hâtons-nous de le dire, planent sur tous ces points. Nous verrons plus tard qu'il est

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