GROUPE HEBREU OU TERACHITE
L'Euphrate était en quelque sorte la grande route des Sémites nomades qui entraient en contact avec TAssyrie. En remontant le long de ses berges vers le Nord-Ouest, ils arrivaient à la ville de Harran, qui était comme leur point de ralliement. De là un grand nombre d'entre eux revenaient à TEuphrate, qu'ils passaient à Thapsaque ou à Bérédjik ; puis ils s'engageaient dans les déserts de Syrie, à l'est de l'Antiliban, pays singulièrement dénués au point de vue de la vie citadine, mais très avantageux pour l'élève des troupeaux. Ils affectionnaient particulièrement la terre de Us ou Aus, séjour actuel des Anézis, le pays de Térach (la Trachonitide), la région de Damas, le sud de la Palestine, où les Ghananéens n'avaient
LES BENI-ISRAËL A L'ÉTAT iNOMADE. 91
pas pénétré. Ils ne s'approchaient jamais de la côte. Probablement, ils avaient pour la mer la même aversion que les Arabe§, et ils la tenaient pour une suppression fâcheuse d'une partie de la création \
Ces tribus, d'abord transeuphratiennes, devenues, par le passage du fleuve, ciseuphratiennes, portaient le nom générique d'Hébreux (Ibrim, (( ceux de l'autre côté »), soit qu'ils prissent ce nom au moment où ils mettaient l'Euphrate entre eux et leurs congénères restés dans le Paddan-Aram, soit que ce fussent les Kenaanis qui les appelaient « ceux d'au delà y>, ou mieux ce ceux qui ont passé le fleuve )) ^ Ces Ibrim, en tout cas, nous apparaissent comme étroitement apparentés aux Arphaxadites (gens de la province montueuse au nord de Ninive), à la ville de Paliga, près de Circesium, aux villes de Ragho, de Sarug, de Nahor, non loin de l'Euphrate^ . Puis, d'un saut hardi, ils se trouvent tout à coup transportés dans la Trachonitide^ au sud-est de Damas, et dans la région du Hauran.
l.Dans TApocalypse (XXI, 1), un des caractères du monde parfait sera la disparition de la mer.
2. Gen., xiv, 13; Septante: r^ Trspaxr,; ; Aquila: ô uepaiT/;;. Éponyme mythique : Eber.