‹ Historie du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 107 sur 243 · Èj-ja [xt-yâXxxxl XafAirpat. Jos., Ant., XIV, VI · texte numérisé non relu

Èj-ja [xt-yâXxxxl XafAirpat. Jos., Ant., XIV, VI

Dans le voyage vers Rome (63), Alexandre, fils d'Aristobule, avait réussi à s'échapper. Vers 57, il reparut en Judée, entra dans Jérusalem, chassa Hyrcan. Gabinius envoya contre lui son lieutenant Marc-Antoine, depuis si célèbre. Celui-ci, secondé par Antipater l'Ascalonite, battit Alexandre près de Jérusalem et le força à se renfermer dans Alexandrium. Il était perdu, sans sa mère, la femme d'Aristobule, qui, songeant à son mari et à ses autres enfantas, otages à Rome, vint trouver Gabinius, et, probablement employant près de lui les arguments auxquels il cédait toujours, lui suggéra de se contenter de la destruction des trois grandes forteresses asmonéennes, Hyrcanie, Machéro et Alexandrium\ Hyrcan fut reconduit à Jérusalem et remis en possession du pontificat.

Peu après, Aristobule réussit à s'enfuir de Rome avec son fils Antigone et à rentrer en Judée. Battu par les Romains, il gagna Machéro, où il fut pris. La conduite de Gabinius en cette circonstance a de quoi nous surprendre. Il renvoya à Rome Aristobule chargé de chaînes; mais il demanda au sénat de permettre aux enfants d'Aristobule de rester en Judée. II avait promis à leur mère de les laisser en

1. Alcxandrium était ])robablcmcnt uu haut du Sartabeh. !.a position de Machéro est connue ; on ignore celle d'Ilyrcanie.

liberté*. On ne concevrait pas, si le proconsul n'y avait eu intérêt, qu'il eût pris plaisir à entretenir ainsi dans le pays des germes de guerre civile, comme de propos délibéré.

Antipater prenait une voie bien plus sûre que les princes asmonéens pour reconstituer la royauté de Judée. Il se faisait l'humble serviteur des Romains, et cherchait tous les moyens pour leur prouver quel bon parti on pouvait tirer des Juifs en sachant s'y prendre. Lors de l'expédition de Gabinius en Egypte, il lui fournit des vivres en abondance; il réussit de plus à gagner les Juifs établis autour de Péluse pour garder les abords de l'Egypte et à en faire des alliés aux Romains.

Quand Gabinius revint en Judée, après avoir rétabli sur son trône Ptolémée Aulète, il trouva le pays soulevé par les excitations d'Alexandre. Les forces romaines avaient dû quitter Jérusalem et s'étaient réfugiées sur le mont Garizim, où Alexandre les tenait bloquées. Antipater essaya sans succès de s'entremettre. Alexandre fut battu complètement dans la plaine du mont Thabor. Le moment d'en finir avec lui paraissait venu ; mais

1. Jos., Ant., XIV, VI, 1; B. J., I, viii, 6; Dion Cassius, XXXIX, 56; Plutarque, Antoine, 3.

les pouvoirs de Gabinius étaient expirés; il revint à Rome (fin de 55) pour répondre au procès qu'on lui intentait et aux conséquences duquel il eut la plus grande peine à se soustraire.

Il eut pour successeur Licinius Crassus (54-53), qui se signala d'abord par d'affreuses pilleries. Le temple de Jérusalem fut dépouillé de tous ses revêtements d'or, pour fournir aux frais de la guerre contre les Parthes. On sait le désastre de l'an 53. Cassius, échappé aux flèches des Parthes, remplaça Crassus. Quand il arriva en Judée, tout était encore en feu. Pitholaùs, partisan des Asmonéens, avait soulevé la Galilée. Il s'était enfermé dans Tarichée, au bord du lac de Génésareth, avec une armée assez considérable. Pitholaiis et tous ses partisans furent massacrés, sur le conseil d'Antipater. La fortune de ce dernier grandissait toujours. Pour se concilier ses compatriotes, il avait épousé une Iduméenne nommée Cypros, issue d'une famille noble du pays.

Cassius traita avec Alexandre, qui alla demeurer à Antiochc. La fortune de Rome, ii ce moment, subissait une sorte d'éclipsé. La guerre civile (49) produisait une faiblesse momentanée. Aristobule était à Rome. César, sans doute par suite de quelque intention secrète du côté de la Syrie, le fit mettre

en liberté et lui confia deux légions*; il fut empoisonné par les partisans de Pompée. Son corps fut conservé dans du miel, jusqu'au moment où Antoine le renvoya en Judée et le fit déposer dans les tombes royales'.

Pompée fut très ému des desseins qu'il croyait voira César du côté de la Syrie. Alexandre, à Antioche, pouvait devenir un grave embarras ; Pompée lui fit trancher la tête. Antigone, le plus jeune fils d'Aristobule, était à Ascalon avec sa mère; cette famille détrônée avait de l'étrangeté, du prestige. Alexandra, la plus jeune des princesses, était d'une rare beauté. Ptolémée fils de Mennée, tétrarque de l'Antiliban, envoya à Ascalon son fils Philippion, pour presser la vieille reine de lui confier Antigone et ses filles, déclarant qu'il les prenait sous sa protection. Or Philippion devint éperdûment amoureux d'Alexandra et l'épousa. Dès que son père vit Alexandra, il éprouva le même sentiment et fit tuer son fils pour épouser sa bellefille. Ces Asmonéens, dans leur détresse, conservaient leur grand air.

La bataille dePharsale (48 av. J.-C.) ne changea

1. Jos., Ant.f XIV, VII, 4; B. /., I, ix, 1-2; Dion Cassius, XLI, 18.

Page 1