‹ Historie du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 141 sur 243 · HERODE. EXTERMINATION DES DERNIERS ASMONEENS · texte numérisé non relu

HERODE. EXTERMINATION DES DERNIERS ASMONEENS

Rentrons dans cet enfer de Judée, où, autour d'un culte qui n'avait rien de supérieur aux religions du reste du monde, mais qui rapportait à ses exploiteurs des sommes prodigieuses, s'agitent les passions les plus viles, la cupidité, la cruauté, les mauvaises mœurs. L'esprit d'Israël n'est pas là ; le christianisme ne viendra pas de Jérusalem ; le père de Jésus est probablement déjà né en Galilée; mais il faut que toute destinée s'accomplisse. Avant d'arriver à Jésus, nous avons à traverser Ilérode. Hérode a maintenant trente-sept ans. Il est en réelle possession du pouvoir, mais de nombreux ennemis l'entourent. Douze ans s'écouleront encore avant qu'il puisse songer à ce qui fait la jouissance ci la gloire d'un souverain.

Hérode* était un superbe Arabe, intelligent, habile, brave, fort de corps, dur à la fatigue*, très adonné aux femmes. Méhémet-Ali, de notre temps, donne parfaitement sa mesure et sa limite. Capable de tout, même de bassesses, quand il s'agissait d'atteindre l'objet de son ambition, il avait un véritable sentiment du grand ; mais il était en dissonance complète avec le pays qu'il avait voulu gouverner. Il rêvait un avenir profane, et l'avenir d'Israël était purement religieux. Aucun mobile supérieur ne paraît l'avoir dominé. Dur, cruel, passionné, inflexible, tel qu'il faut être pour réussir dans un mauvais milieu, il ne considérait en tout que son intérêt personnel. Il voyait le monde comme il est, et, nature grossière, il l'aimait. La religion, la philosophie, le patriotisme, la vertu n'avaient pas de sens pour lui. Il n'aimait pas les Juifs; peut-être aimat-il un peu l'Idumée ou, pour mieux dire, Ascalon. C'était, en somme, une fort belle bête, un lion à qui on ne tient compte que de sa large encolure et de son épaisse crinière, sans lui demander le sens moral. Après tout, il valait bien Jean Hyrcan et Alexandre

1. Le nom de ôpwJr,; pour ôpwî^y,; est commun dans le monde grec vers ce temps (Voir Schùrer, l, ^OG-307, note). 11 répond probablement à un nom sémitique.

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