‹ Historie du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 142 sur 243 · Jos., B. /., I, XXI, 13, Ant., XVI, v, X · texte numérisé non relu

Jos., B. /., I, XXI, 13, Ant., XVI, v, X

Jannée. Étranger à toute idée religieuse, il réussit un moment à faire taire le fanatisme; mais son œuvre ne pouvait être qu'éphémère. Le génie religieux d'Israël anéantit bien vite toute trace de ce qu'il avait créé. Il ne resta de lui que des ruines grandioses et une affreuse légende. Le peuple, en ses légendes, n'a jamais complètement tort. Ilérode n'essaya pas de tuer Jésus, qui ne naquit que quatre ans après sa mort; mais il travailla à l'inverse du christianisme; il n'empêcha rien, il ne lit rien; à sa mort, il descendit dans le néant : il avait fait sa volonté, non celle de Dieu.

Sa volonté était des plus simples. Il voulait dominer pour les profits qu'on en tire. Il ne tenait pas à gouverner le peuple juif plutôt qu'un autre peuple. Souvent même il dut trouver que le sort l'avait loti de sujets désagréables. Les Juifs étant à sa portée, il voulait être leur roi. Il avait un avantage, c'était, tout en étant circoncis, d'être un étranger. La Judée ne pouvait plus avoir un souverain national. Antipater, son père, avait fait les trois quarts du chemin dans ce programme : remplacer les Asmonéens all'aibiis avec le secours de la grande force du temps, les Romains. Ilérode acheva ce qui restait à faire. Dans les grandes luttes du temps, il fut un desnitor habile, passant rapidement du parti vaincu au parti

vainqueur. Pour comble de bonheur, Auguste, en ses jours, fit régner la grande paix romaine. Appuyé au roc inébranlable de l'amitié d'un dieu, il fut dieu lui aussi. Celui qui était admis à cet Olympe devenait un associé de Jupiter; Hle dcum vilain accip'wt.

Une malveillance universelle de tous les partis hiérosolymitains accueillit le dcml-juif^ que la nomination du sénat et l'exploit de Sosius venaient de leur donner pour roi. Les premiers actes d'IIérode entré dans Jérusalem furent terribles. Il fit exécuter quarante-cinq des plus notables partisans d'Antigoneet confisqualeurs biens. On alla jusqu'à secouer les morts pour faire tomber l'or et l'argent qu'on pouvait avoir cachés dans leur linceul. Ces ressources lui furent fort utiles pour se conserver la faveur d'Antoine, qui était bonne, mais coûtait cher.

Au fond, Hérode n'était pas Juif de cœur; nous croyons même qu'il haïssait le judaïsme; c'était un Hellène, comme Antiochus Épiphane, mais un Hellène bien plus sage, qui ne songea jamais comme le roi de Syrie à lasuppression du judaïsme. Il eut voulu un judaïsme libéral, tolérant, comme nous rêvons un catholicisme doué des mêmes qualités (qui ne serait plus un catholicisme). Il

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