‹ Historie du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 149 sur 243 · Suétone, Aufi., nîMIO · texte numérisé non relu

Suétone, Aufi., nîMIO

.T. Jos,, Anl., XV, VIII, 1-2. Pour l'hippodrome, Jos., Ant., XVII, X, 2; n.J.. Il, III, I.

situé probablement au sud de la ville*, était richement décoré; de pompeuses inscriptions rappelaient la gloire du maître du monde. Il n'y avait pas de statues ; mais, parmi les motifs de décoration, il y avait des trophées affectant la forme humaine, qui excitèrent Tanimadversion des Juifs. Hérode eut beaucoup de peine h les calmer. Il fut obligé d'aller lui-même au théâtre, de démonter ces mannequins devant les plus obstinés, et de leur montrer que ce n'était qu'un assemblage de bûches de bois portant des accessoires. Ces nigauds éclatèrent de rire. Tout devenait difficile avec des esprits étroits, sans instruction, obstinément renfermés dans leur culture bornée.

Ces nigauds pourtant avaient du bon et devançaient à quelques égards le sentiment moral du monde. Les jeux quinquennaux furent splendides. Hérode les avait fait annoncer dans tous les pays circonvoisins. Les populations y vinrent en foule, sans distinction de race ni de religion. Rien n'égala la splendeur des costumes, l'éclat des concours

1. Un théâtre a été découvert par M. Schick à un kilomètre à peu près au sud de Bir-Eyyoub {Palest. Expl. Fund, 1887, p. 161-iG6). Joséphe (/. c.) dit que le théâtre était dans Jérusalem ; mais cela doit sans doute s'entendre par à peu près. Si le théâtre et l'amphithéâtre eussent été dans l'intérieur de la ville, il en serait question, comme il est question de l'hippo-

d'athlètes, de musiciens. Il y eut aussi des combats de bêtes, où de malheureux condamnés furent exposés à la dent des animaux féroces. Les bêtes étaient rares et chères; mais ce qui ailleurs n'excitait que l'enthousiasme de la foule fut accueilli avec indignation à Jérusalem. Les pharisiens protestèrent et trouvèrent horrible qu'on cherchât son plaisir dans le péril que couraient des malheureux. Toutes les vieilles mœurs leur paraissaient renversées *; mais il n'y avait plus moyen de résister; le moindre murmure était puni de mort.

L'art de bâtir était, du temps d'Auguste, dans un de ses meilleurs moments, et la Palestine, le soussol même de Jérusalem, offraient des matériaux de premier choix. Hérode eut évidemment à sa disposition des architectes excellents et une population d'ouvriers sûrement étrangers à Israël. Lui-môme, sans doute, voyait les plans et s'intéressait aux travaux.

Il y eut ce qu'on peut appeler un style hérodien, d'un aspect général ressemblant au dorique % à

drome, dans les incidents du siège. I/amphithéâtre était probablement dans le plateau au nord de Jérusalem.

1. Jo8., Ant., XV, viii, i. Cf. Talm. de .1er., ou Mischna, Ahoda Znra, i, 7.

t. Les colonnes des porti(|ues du temple, cependant, étaient de style corinthien. Jos., Ant,,\S , XI, 5.

Jérusalem surtout, caractérisé en Palestine par le monolithisme et l'emploi des superbes matériaux fournis par le sous-sol, ailleurs par l'emploi des colonnes de granit, de porphyre, de syénite, de marbres venus d'Egypte. Une sorte de jalousie du sort s'est attachée à ces monuments. Peu d'entre eux ont subsisté jusqu'à nos jours ; mais ce qu'on en voit par les yeux de l'esprit provoque la plus grande admiration.

Le culte d'Auguste était devenu la religion principale des provinces*. Les temples de Rome et d'Auguste ^ se multipliaient de toutes parts. Hérode en édifia pour son compte quatre ou cinq, à Césarée, à Sébaste, au Panium, en Batanée^ Ces temples, surtout celui de Césarée, purent comptei entre les plus beaux du temps. Il n'osa pas en élever à Jérusalem. Outre le théâtre, l'amphithéâtre et l'hippodrome dont nous avons parlé, il se construisit dans cette ville un palais qui parut une merveille. En raison de l'interdiction de la peinture et de la sculpture, Jérusalem ne prêtait pas à un art complet; Hérode y suppléa par la délica-

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