SPLENDEUR PROFANE. LE NOUVEAU SALOMON
A ce nouveau point de vue, on ne peut vraiment refuseràHérode le titre de Grand, qui lui a souvent été décerné. Gomme éclat, son règne égala celui de Salomon; quelque chose de large, de libéral, le domine; un vrai sentiment de la civilisation le conduit. Ge n'était nullement un Juif. Il aimait la mode et ce qui était alors à la mode, la vie grecque, avec toutes ses recherches, toutes ses élégances. Ses édifices rappelèrent les ouvrages de la plus belle antiquité. Il est inconcevable qu'un petit État ait pu suffire à de tels prodiges*, quand on sait que d'ailleurs, pour marcher dans cette voie,
1. Le tombeau de David, déjA nillé par Jean Hyrcan, dut être une ressource bien insuffisante. Jos., Ant., XVI, vu, 1 ; cf. VII, XV, 3.
Hérode allait se heurter contre les idées les plus étroites. Une majorité inflexible de vieux retardataires refusa, comme du temps d'Antiochus Epiphane, d'abandonner les anciennes mœurs et d'embrasser l'hellénisme. Hérode nous apparaît ainsi comme une sorte de khédive éclairé, faisant jouer l'opéra au Caire, patronant des arts que ses sujets ne comprennent pas, que la religion officielle condamne, faisant taire les murmures des orthodoxes, parce qu'il s'est appuyé sur l'Europe et qu'il est presque seul détenteur de la richesse du pays.
La reconnaissance pour Auguste fut le premier mobile de ces innovations si éloignées du goût juif. Presque toutes les provinces instituèrent, vers l'an 27 avant Jésus-Christ*, des jeux quinquennaux en l'honneur d'Auguste \ Hérode ne resta pas en arrière du mouvement général. Pour la célébration de ces jeux, il fallait un théâtre, un amphithéâtre, un hippodrome. Hérode improvisa tout cela. Jérusalem eut en peu de mois tous les édifices contre lesquels elle avait si éncrgiquement protesté cent cinquanteansauparavant^Le théâtre,
i. Octave prit le titre d'Augustus ou Sifiadro; le 16 janvier de l'an 27. Mommscn, Bes gestte divi Aug., 2* édit., ji. U!l.