‹ Historie du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 154 sur 243 · Suétone, Aug · texte numérisé non relu

Suétone, Aug

i. Jos., Ant., XV, VIII, 5; ix, 6 ; XVI, v, 1 ; B. /., I, xxi, 5-8 ; Pline, //. iV., V, xiii, 69.

ville fût composée par moitié de Juifs et de païens, vivant les uns à côté des autres, en pleine liberté, sous leurs lois. Uamixla des Juifs se vit ici par une triste expérience. Le Juif palestinien d'alors,

) comme maintenant le musulman, ne pouvait exister qu'en régnant sur ses voisins. La vie sociale

: dans Césarée fut impossible. Les rixes y furent continues; les massacres, effroyables*. A partir de la fm du i" siècle, l'élément païen domina tout à fait; Jérusalem ne fut plus qu'une souspréfecture dépendant de Césarée ^

Après Auguste, Agrippa tint la seconde place dans les souvenirs reconnaissants d'Hérode. Des deux grandes salles du palais royal de Jérusalem, l'une s'appelait « salle de César », l'autre « salle d' Agrippa ». Anthédon reçut le nom d'Agrippium ou d'Agrippias. Les souvenirs de son père, de sa mère, de son frère se retrouvent dans les noms d'Antipatris, succédant h Capharsaba, de Cypros, citadelle de Jéricho, de Phasaëlis, dans le Ghor. Lui-même, il donna son nom et toutes ses complaisances à VUrrodlum, grande et superbe villa fortifiée, qu'il fit biltir sur une colline isolée.

i. Orig. du christ., III, 541; IV, 253-255.

2. //;<>/., VI, 203 et noie 1 ; VII, 199, 205 note, 412 note 2.

à une lieue à peu près au sud-est de Bethléhem*. Les traces qui s'en voient encore donnent l'idée d'un superbe séjour; les chasses surtout devaient être aux environs tout à fait délicieuses. Alexandrium, Hyrcanie, Machéro, Massada, remises en état, constituaient un ensemble de forteresses comme peu de royautés en ont jamais possédé '. Les constructions de Machéro, entreprises en quelque sorte contre nature, ces chambres d'une beauté merveilleuse, ces citernes inépuisables au milieu du site le plus terrible, élevées comme un défi au désert arabe, frappèrent d'admiration tous ceux qui les virent \

Beaucoup d'œuvres excellentes, supposant de la vigueur, de la suite dans les idées, une force armée bien entretenue, recommandèrent également Hérode aux bons appréciateurs des choses gouvernementales. Il fit cesser le brigandage dans les parages à l'est du lac de Génésareth, qui jusque-là avaient été livrés aux pilleries des nomades, en y établissant

1. Djebel Fureidis (le petit parc ou paradis), le Frankenberg des croisés.

2. La superbe construction rectangulaire d'Hébron est bien dans le style hérodien; mais, si elle était d'Hérode, Josèphe le saurait et le dirait; car il est très bien renseigné sur les constructions d'Hérode, et il l'est très peu sur celles d'Alexandre Jannée.

3. Jos., B. J., VII, VI, 2. Voir Vie de Jésus, p. Hi-115, 110.

des colonies d'Iduméens et de Juil^ babyloniens*. Il plaça des colonies militaires à Gaba, en Galilée, à Hésébon^ Le comnnerce, l'industrie florissaient, et, plus d'une fois, le roi fit des actes inspirés par un sentiment libéraP. Quand l'expédition d'-^lius Gallus partit pour traverser l'Arabie, avec le caractère d'une espèce d'expédition scientifique armée, cinq cents Juifs s'y joignirent et prirent leur part des difficultés énormes de l'entreprise*.

L'hellénisme triomphait sur toute la ligne. Alexandre et Aristobule, fils d'Hérode et de Mariamme, faisaient leur éducation à Rome depuis l'an 53. Ils demeuraient dans la maison d'Asinius Pollion, étaient reçus dans celle d'Auguste. Cela dura cinq ou six ans. Ils purent connaître Virgile et Horace. Les rhéteurs grecs, du reste, remplissaient Jérusalem. Le cercle littéraire d'Hérode était tout hellénique. La philosophie péripatéticienne s'y enseignait hautement, et nul effort n'était tenté pour mettre d'accord la science grecque avec les enseignements de la Thora.

Dans cette espèce d'académie, qui n'arriva point

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