Jos., Ant., XVI, II, 1 ; l'hilon, Ug
En l'an 14, Hérode fait une nouvelle visite à Agrippa; il traverse avec lui toute l'Asie-Mineure, ayant en sa compagnie Nicolas de Damas. Les Juifs d'Ionie vinrent se plaindre k Agrippa qu'on les gênât dans l'exercice de leur religion, en particulier dans l'envoi des sommes à Jérusalem. Hérode fit plaider pour eux devant Agrippa par Nicolas de Damas*, et ils obtinrent gain de cause. Ces empressements étaient largement récompensés. Hérode devenait de plus en plus puissant. Son domaine reçut de notables accroissements, par suite de la faveur d'Auguste et d'Agrippa. Le tyran Zénodore', qui s'était formé dans le nord du lac Houle, à PanéaSjdans la Batanée, la Trachonitide et le Hauran, un domaine assez étendu, encourageait d'une façon déplorable le brigandage, qui a toujours été endémique en ces contrées. Le pays de Damas en était infesté. Auguste donna à Hérode l'investiture de ces provinces ^ Son domaine s'étendit ainsi jusqu'aux montagnes du Hauran. H existe encore, près de Canatha, un bel édifice (un Augustciim peut-être), probablement construit par lui
\. Jos., Ant., XVI, II, 2-5; Fragm. hist. gr., III, 350.
2. Voir mou Mémoire sur les Lysanias d'Abylène déjà cité, p. 5 et suiv.
3. Jos,, Ant., XV, X, 1, 3; fi. J., I, xx, i; Dion Cassius, LIV, 9.
et la base d'une statue qui lui fut érigée par un Arabe du pays^ Le pays était à cette époque fort sauvage ^ La civilisation n'y avait pas pénétré. Hérode commença l'œuvre qui en fit, dans les premiers siècles de notre ère, une région extrêmement riche. L'ordre fut du même coup rétabli à Damas. Hérode obtint à cette époque, pour son frère Phérore, la tétrarchie de la Pérée^ Il fut ainsi, dans la Syrie du sud, le grand agent de la paix romaine, le mainteneur de l'ordre contre les nomades et les brigands.
Quoique le titre de roi des Juifs fût territorial et n'impliquât pas une juridiction sur les Juifs de la diaspora, Hérode exerçait à l'égard de ces derniers une sorte de protectorat, leur servant de défenseur ou leur fournissantdes avocats devant les Romains*. Sa famille, au premier siècle de notre ère, jouera ce rôle d'une manière encore plus caractérisée.
Le règne d'Hérode fut, comme on voit, un très beau règne profane. Le progrès matériel était im-
1. Vogué, Syrie tenir. Arch., pi. II et III; Le Bas et Waddiiigton, Inscr., t. III, ii» 23Gi. Voir mon Mémoire sur quelques noms arabes qui figurent dans des inscriptions tjrecques de VAuranitide. Kxtr. du liulL archéul. français, sept. 1856.