‹ Historie du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 178 sur 243 · Di ou ]21 'PaSSwvi. Voir Scliurer, ii · texte numérisé non relu

Di ou ]21 'PaSSwvi. Voir Scliurer, ii

-i. Mallh., xxiii, 6, 7; Marc,xii, 38, 3î); Luc, xii, 43; xx, -i6.

5. Luc, II, 42 cl suiv. Comp. los innombrables aneciloles sur Fcnfance des docleurs juifs célèbres.

6. Pirké aboth, \, 13; ii, 2, 5; iv, 5, 6, 10. Cf. Mallh., x, 8. Légende de Ilillel.

LE PEUPLE JUIF SOUS LA DOMINATIOxN ROMAINE. 317

Toute celte ergoterie scolastique était mauvaise; le Talmud a été un livre fâcheux, que le judaïsme devrait oublier. Mais, comme je l'ai dit souvent, quand une nation a fait la Bible, il faut lui pardonner d'avoir fait le Talmud.

L'absence de culture grecque était la principale cause de cette mauvaise discipline des esprits. La Grèce, depuis quatre ou cinq siècles, avait créé des mœurs intellectuelles, un mode d'exercice de l'esprit humain supérieur à ce qui avait existé auparavant, et qui a été le cadre, indéfiniment élargissable, de toute la civilisation ultérieure. Tous les peuples, Romains en tête, avaient reconnu cette supériorité et s'étaient mis à l'école de la Grèce. La Judée seule résistait. Claquemurée dans son hébreu, elle ignorait la belle forme, la bonne logique, toutes les applications de l'esprit humain dont la Grèce avait donné la règle et le modèle. De Jà une irréparable lacune. Hérode avait raison de préférer la culture grecque à toutes les cultures de l'Orient. Nicolas de Damas, malgré son peu de talent valait mieux que le premier des rabbins de son temps; car il connaissait Aristote et la philosophie grecque ; il savait qu'il n'y avait pas de surnaturel; il écrivait médiocrement, mais proprement, avec méthode comme un universitaire,

sans ce laisser-aller déplorable qui fait ressembler les productions sémitiques de ce temps à un bavardage sans fin.

Un livre singulier, le Pirké aboth^ qui est entré dans la compilation de la Mischna, nous a conservé les noms des plus célèbres docteurs de l'époque asmonéenne et hérodienne, avec leurs sentences les plus caractéristiques. Elles respirent le goût de l'étude*, l'amour d'une vie retirée, l'antipathie contre le monde officiel et les relations mondaines. On sent des docteurs ombratiques, préoccupés uniquement de l'école, fuyant le grand jour, ne s'occupant pas de politique, ne faisant partie ni du sanhédrin ni des grands conseils. Ce sont des jurisconsultes, non des magistrats. Ils se défient des femmes et les évitent*. Schemaïah et Abtalion sont probablement « Saméas et PoUion » de Josèphe. Schemaïah disait : « Aime le travail, hais le pouvoir, et n'aie pas de rapports avec les grands ». Abtalion disait : « 0 sages, soyez circonspects dans votre enseignement; prenez garde à la source où vous buvez, et que le nom de Dieu, grâce à vous, soit sanctifié. »

1. Sentences de José-ben-Joézer, de Josaé-ben-Perachiah, de Ilillel, de Schaminuï, des Gamaliol.

!2. Sentences de José-bcn-Jochanan.

Hillel et Schammaï succédèrent à Schemaïah et Abtalion. Tout ce qui nous reste de la voix de Hillel nous la fait fort aimer. « Sois un vrai disciple d'Aaron, qui aimait la paix, qui rechercha la paix ; aime les hommes et attire-les vers la Loi*, i Ses maximes, en général, penchaient vers la douceur, et la légende, qui aime les contrastes et toujours assujettit les faits aux besoins de l'idée générale, arrangea les choses en ce sens*. Les docteurs qui inclinaient du côté de l'interprétation large des préceptes furent les « fils de Hillel » ; ceux qui inclinaient du côté de l'interprétation sévère furent les « fils de Schammaï^ ». Nous sommes des fils de Hillel, s'il est vrai que ce fut ce docteur, qui prononça la maxime suivante, censée adressée à un païen qui demandait un résumé de la Loi : « Ce que tu n'aimes pas pour toi, ne le fais pas à ton prochain. C'est là la Loi tout entière; le reste n*en est que le commentaire. Va maintenant et instruis-toi*. »

Page 1