L ECOLE JUIVE D A.LE X AN DRIE. LE LIVRE DE LA SAGESSE
^ Cette grande œuvre se fera par la Palestine, ou plutôt par la Galilée. L'Egypte, cependant, continuait d'y travailler avec persévérance. Sans s'apercevoir du changement complet qui s'était opéré, depuis la bataille d'Actium, dans l'état de ce pays, la colonie juive d'Alexandrie, riche et prospère, cherchait la vérité avec le calme que donne une situation bien assise. Qu'on est loin ici de la fièvre palestinienne ! La question politique n'existait pas. La race juive trouvait là ce qu'elle aime, les facilités pour se livrer aux affaires, à son étonnante activité morale et à ses goûts studieux.
Les deux formes sous lesquelles se produisit, depuisles Macchabées, lemouvementreligieux d'Israël, le messianisme et le résurrectionisme, res-
tèrent profondément inconnues aux Juifs d'Egypte. Autant et peut-être plus qu'en Palestine, le besoin de récompenses d'outre-tombe se faisait sentir en Egypte. Mais la connaissance qu'on y avait de la philosophie grecque fournissait pour cela des moyens plus subtils que ceux qu'offrait la psychologie sémitique. On croyait le corps et l'âme séparables ; pour faire durer l'homme après sa mort, on n'avait pas besoin de ressusciter le corps. Les croyances sur le jour du jugement, la fin du monde, le Messie n'existaient pas non plus en Egypte. On imaginait des espèces de Champs-Elysées où les âmes justes jouissaient, sous l'œil de Dieu, de délices sans fin.
L'Egypte eut beaucoup moins que la Palestine la prétention d'augmenter le nombre des livres sacrés. Il n'y eut en ce genre qu'un seul exemple très caractérisé. Un Juif pieux et éclairé, sans doute d'Alexandrie, nourri des anciens écrits sapientiaux, entreprit d'enrichir la bibliothèque d'écrits de ce genre attribuée à Salomon, par un petit livre qu'il intitula Sophia Solomontos^ .\\ l'écrivit en grec, problablcmcnt la seule langue qu'il sût",
1. L'ouvrage fut en eflel cru de Salomon. Premiers doutes dans le (lanon de Muratori et dans Orig(Mie.