Jos., Ant., XIV, xm, 4. Voir Vie de Jésus, p
Ce qui se développa dans ces tristes années, ce fut l'esprit de conquête. La circoncision forcée d'un grand nombre de populations non israélites de race, voilà le résultat le plus clair de la période asmonéenne. Les trois premiers Macchabées avaient été de vaillants hommes de guerre; Jean Hyrcan suivit leur exemple. Son règne fut un grand règne militaire. Et ses conquêtes, les fit-il avec des Israélites passés tout à coup à cet exercice nouveau pour eux ? Non certes ; quand la défense de la religion ne l'anima plus, l'Israélite déposa les armes. C'est avec des mercenaires et des mercenaires étrangers que Jean Hyrcan fit ses conquêtes*. Et ces mercenaires, avec quoi les payail-il ? Avec l'argent sacré que la piété des fidèles faisait affluer au temple, el, dit-on, avec les richesses trouvées dans le tombeau de David. Mauvaise éducation pour une nation. Ces mercenaires étaient sans doute souvent circoncis ^ Que devint la pureté du sang juif? Voilà pour le relever de singulières recrues.
Juda Macchabée, Jonathan et Simon avaient fait de nombreuses expéditions en dehors de la Judée, mais non avec l'intention de garder les
i. IlpÛTc; 'louJaiui» Ç»vCTpo«piîvïif$*TO. Jos., Allt., Mil, VllI, 4.
2. Joséphe {Ant., XIII, xvi, 2, 3) les fuit parler en stylo païen.
villes qu'ils prenaient. Gézer, Joppé et quelques localités très voisines, avaient seules été annexées à Juda, et encore la possession en était-elle restée contestée ou exposée aux hasards d'une guerre malheureuse, les rois de Syrie les réclamant sans cesse ou exigeant pour elles des indemnités. Maintenant, il n'en sera plus ainsi : les conquêtes seront durables; la Judée s'agrandira réellement, et, comme la règle de ces conquêtes sera que les populations soient soumises à la circoncision, on voit ce qui subsiste, devant de pareils faits, de la théorie de la race juive exempte de mélanges. En réalité, le judaïsme désormais n'est plus qu'une religion conquérante, s'adjoignant des éléments pris des côtés les plus divers, les uns par l'effet d'un prosélytisme louable, les autres par la violence et la coaction.
La vie entière de Jean Hyrcan se passa ainsi à batailler contre les peuples voisins de la Palestine, et ses armes paraissent avoir été .presque toujours heureuses en ces combats *. Il s'empara d'abord de Médaba, de l'autre côté du Jourdain, après un siège de six mois. Puis il attaqua les Samaritains, prit Sichem et le mont Garizim, dont il détruisit le
t. ios.,Ant., XIII, IX, 1; x, 2.
temple. Ensuite il se tourna versTIdumée. Ce fut la plus importante de ses expéditions. Les villes d'Adora el de Marissa furent annexées. Les Iduméens en masse furent circoncis, et passèrent désormais pour des Juifs*. Un des futurs souverains de la Judée, Ilérode, viendra de là; mais les aristocraties ont le souvenir long, quand il s'agit d'humilier les plébéiens religieux ou politiques. L'Iduméen n'était pour eux qu'un demi-juif; Ilérode, jusqu'à son élévation à la royauté, ne fut qualifié par eux que de cette épithète insultante ^
Samarie était le centre des haines les plus persistantes contre le nom juif. Jean Hyrcan dut revenir à la charge dans les dernières années de son règne. Les habitants de Samarie assiégés appelèrent à leur secours le roi de Syrie Antiochus de Cyzique. Ce fut l'occasion d'une dernière expédition syrienne en Palestine. Mais, cette fois, les Juifs en vinrent facilement à bout, même quand le roi d'Egypte, Ptolémée Lalhyre, se porta en avant pour la soutenir. L'iniluence romaine se fit peutêtre sentira L'eiïort syrien etl'ettbrt égyptien furent