‹ Historie du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 209 sur 243 · Leg. alL, i, 53 init., Mangey; ibid., 1, 60; I · texte numérisé non relu

Leg. alL, i, 53 init., Mangey; ibid., 1, 60; I

3. De mundi opificio, De profugis, De nominum mutatione. De sncrif. Ab. et Caini.

judéo-hellénique, le christianisme de saint Paul et le gnosticisme eurent leurs premiers développements.

Comme pour saint Paul, la descendance d'Abraham est, pour Philon, peu de chose. Le judaïsme de Philon est franchement cosmopolite. Le peuple juif a mérité sa prérogative, parce qu'il est le plus parfait, le plus juste, le plus raisonnable, le plus humain, le plus religieux des peuples. Son culte est le plus conforme à ce que peut désirer l'Éternel*. Il doit le choix que l'Éternel a fait de lui à ses vertus et aux vertus de ses ancêtres. En réalité. Dieu n'établit pas de différence entre les hommes'. En s'adjoignant au judaïsme et en pratiquant la Loi, on devient enfant d'Abraham.

Le péché originel lui-même est très logiquement dans Philon. L'espace entre Dieu et le monde est rempli d'âmes; les âmes qui se rapprochent le plus de la terre sont les plus sensitives, ce qui les amène k prendre un corps ; faute énorme, car le corps c'est le mal, et tous les mauvais instincts de l'homme viennent de là. Le fait d'exister suppose donc une faute primitive, un acte de concupiscence

i . De npecialibus legibus, Mangey, II, p. 272-274. 2. De execr., S 8.

coupable*. L'effort de la vertu est de rompre le mariage fatal, pour que l'âme s'échappe dans sa liberté et sa pureté'. La doctrine de la migration des âmes aurait dû sortir de là; Philon n'a pas suivi cette pensée avec sa logique accoutumée ^

Philon n'a pas, à proprement parler, de messianisme*; la croyance à la résurrection lui est également étrangère. Il n'en a pas besoin. La philosophie grecque lui offre pour la récompense des bons et le châtiment des méchants des moyens plus simples. Les imaginations juives d'un bonheur universel sur terre l'obsèdent cependant et l'amènent aux rêves les plus contradictoires. Tous les Israélites que les hasards de l'esclavage ont entraînés jusqu'au bout du monde seront délivrés. Leurs maîtres, pleins d'admiration pour eux, ne pourront supporter la pensée d'être les maîtres de gens qui leur sont si fort supérieurs en vertu. Ainsi devenus libres, poussés à la même heure par un même instinct, ils accourront en Palestine, des terres et des îles les plus éloignées. La colonne

1 . Tlavrl "YewT.Tw xaX àv ajrou<îaîov ■^, irap' oaov xXôtv tiç ■^é'^iau, cu|acpusî Tô àp.aprâvcv èîtîv. Vitd Mosis, II, 157, Mangey.

2. Quis rcrum divin, hères, I, 482, Mangey; De Abrah., II, 37, Mangey; Leg. ail., I, 65, Mangey.

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