‹ Historie du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 211 sur 243 · Dcprrfm. et pœnis · texte numérisé non relu

Dcprrfm. et pœnis

L'ancien génie hébreu n'est nullement mystique. Philon l'est au plus haut point. Il admet un degré de clairvoyance religieuse supérieure, où l'on arrive avec l'aide de la grâce divine, et où Ton contemple l'Être éternel face à face*. L'extase est l'union de l'âme avec Dieu. L'âme revient ainsi à son origine transcendante. L'extase d'Abraham a lieu au coucher du soleiP; car l'esprit divin se lève quand notre conscience individuelle se couche, et réciproquement. Un tel état ressemble à la folie; il est divin en réalité ; car Dieu alors se substitue à l'homme, agit par ses organes^ Les abus de l'ascèse ne paraissent pas encore chez Philon ; ces états merveilleux s'obtiennent par l'enthousiasme, par l'amour et le renoncement à soimême.

Philon, on le voit, se livrait à des spéculations d'un ordre assez contradictoire. Sa prodigieuse activité intellectuelle ne s'imposait pas d'unité. Ses œuvres formeraient dix volumes considérables, et il s'en est beaucoup perdu*. Le Pentateuque est l'objet perpétuel de ses commentaires; il paraît

i. Quis rerum divin, hères, I, 482, 508 et suiv,, 511; De Abrah., II, 37; Leg. ail., I, 65.

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