‹ Historie du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 71 sur 243 · I. Jos., Ant., XIll, xiii · texte numérisé non relu

I. Jos., Ant., XIll, xiii

une façon un peu différente d'interpréter la même loi.

Démétrius Eukaeros espéra rendre à l'empire séleucide des provinces nécessaires à son intégrité. Il entra en Palestine et alla camper avec son armée devant Sichem, où les démocrates de Jérusalem vinrent le rejoindre. Jannée accourut bravement; mais il fut vaincu et forcé de se réfugier dans les montagnes d'Éphraïm.

La dynastie asmonéenne avait, cependant, plus de racines que n'avaient cru des agitateurs brouillons. Quand on vit que la conséquence de tout cela serait le rétablissement de l'autorité séleucide, on fit des réflexions. L'entrée d'Eukaeros à Jérusalem parut peu désirable; on eut pitié du souverain qu'on avait étourdiment réduit à l'extrémité; six mille soldats se rangèrent du côté de Jannée. EukaBros ne vit plus d'avantage à se mêler à des haines aussi féroces; il se retira avec son armée, laissant les Juifs vider leurs querelles entre eux.

La guerre civile était loin d'être finie. Vers 87, Jannée, ayant réussi à rejeter les principaux chefs des séditieux dans une petite place appelée Rc- Ihoiné, en fit le siège cl ramena tous les prisonniers à Jérusalem. Ils lurent, dit-on, crucifiés au

nombre de huit cents ; durant leur longue agonie, on égorgeait devant eux leurs femmes et leurs enfants. Pendant ce temps, le roi donnait un festin à ses maîtresses; la scène se passait sous leurs yeux. Cet acte odieux valut à Jannée le surnom de Thrakidas*. La nuit qui suivit cette horrible exécution, huit mille Iliérosolymites quittèrent la ville et n'y rentrèrent plus avant la mort de Jannée*. Répétons ici ce que nous avons eu plusieurs fois l'occasion de dire. L'histoire de ces temps nous a été transmise par les pharisiens, cancaniers, exagérateurs, se plaignant toujours. Jannée sûrement fut cruel; mais il n'est pas probable qu'il soit allé jusqu'aux atrocités qu'on mit sur son compte. La blessure faite à la conscience juive se cicatrisa. A partir du siège de Bethomé et des sévérités qui en furent la conséquence, la paix publique ne fut plus troublée.

La guerre extérieure continuait sans interruption. Antiochus XII Dionysos réclama le passage à travers la Judée pour aller combattre les Arabes. Jannée refusa et bâtit un fossé fortifié de Caphar-

1. Cf.0p«)ctov, ios.j Ant., XVII, vin, 3; = <• bourreau > Munk, Palest.f p. 532, col. 2, note; Derenbourg, p. 101, note i.

2. Talm. de Bab., Sota, H a, Sanhédrin, 107 a. Cf. Der., 91, note; 99 et suiv.

saba à Joppé. Antiochus le franchit, mais il fut vaincu et tué par les Arabes. Ilareth, roi des Nabatéens, étant devenu roi de Damas, voulut aussi traverser la Judée. Jannée tenta encore de lui barrer le passage. Il fut battu à Adida, près de Lydda, et dut acheter chèrement la retraite du vainqueur. La dernière campagne de Jannée (de 84 à 81 av. J.-C.) fut une des plus heureuses. Elle eut pour théâtre la région au delà du Jourdain. Dium, Gérase, Gaulan, Séleucie, Gamala furent prises et annexées. La ville macédonienne de Pella refusa de quitter son culte national pour le judaïsme; elle fut rasée. Jannée rentra à Jérusalem; ses succès avaient été si brillants que cette fois il fut bien reçu. Il avait réparé par la guerre sainte et par des exterminations pieuses, à l'extérieur, les crimes religieux qu'on pouvait lui reprocher à l'intérieur.

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