‹ Historie du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 70 sur 243 · Jos., .1/»/., XIII, XII · texte numérisé non relu

Jos., .1/»/., XIII, XII

à Gaza, Raphia et Anthédon. La ruine de Gaza fut effroyable. Le siège dura un an ; la population fut exterminée (96 ans av. J.-C). Tout l'ancien pays des Philistins, excepté Ascalon, tomba ainsi au pouvoir d'Israël, après mille cinq cents ans de rivalité acharnée.

Au delà du Jourdain, Jannée prit Gadare et Amatha*. Les pays de Galaad et de Moab furent soumis. Au contraire, Théodore, fils de Zenon Cotylas, avait réussi à continuer dans ces parages l'œuvre de son père; il se releva d'une première défaite et ne fut jamais réduit par les Asmonéens.

Depuis le commencement deson règne, Alexandre Jannée s'était appuyé sur la coterie sadducéenne, et les mécontentements des pharisiens n'avaient fait que s'envenimer. Hardis, impertinents, sûrs de l'approbation du bas peuple', ces terribles opposants ne reculaient pas devant ces outrages pubhcs qu'un pouvoir supporte difficilement. Une année, à la fête des tabernacles, probablement en 95 avant Jésus-Christ, il arriva un incident des plus graves ^ Pendant qu'Alexandre Jannée officiait comme grand-prêtre, les Juifs qui assistaient à la céré-

1. Amatha sur le Jourdain (Wadi Adjioun). •2. Récit de Siméon ben-Schatuli. Derenbourg, p. 96-98. 3. Jos., Ant., Xlll, XIII, 5. Corap. Talm.de Bab., Succa, ISb. V. 8

monie, et qui portaient, selon l'usage, le loiilab, sorte de bouquet formé de palmes et de branches de citronnier et le cédrat ou ethrof/, se livrèrent à un scandale inouï, Alexandre Jannée venait de monter à l'autel, lorsque toute l'assistance, rappelant la scène d'Éléazar sous Jean Hyrcan, s'écria qu'il était indigne du pontificat, parce qu'il était né d'un esclave. Les palmes et les cédrats volèrent en même temps sur la tête du grand-prêtre. L'affroqt était impossible à supporter. Jannée furieux fit charger sa garde, composée de mercenaires de Pisidie et de Cilicie. Le massacre fut terrible. Josèphe prétend que six mille partisans des pharisiens restèrent sur le pavé du temple. Jannée fut ulcéré; il fit élever une barrière de bois autour de l'autel et de la partie du temple où les prêtres seuls avaient accès. Précaution inutile. Le mal était dans l'union du sacerdoce et de la royauté. La royauté a des droits, des privilèges, des exigences. L'âme pieuse devait être blessée de voir des hommes souillés de sang, des monstres, officier ii l'autel du Dieu de sainteté.

Les ennemis des cléricaux n'ont pas le droit, accordé aux autres hommes, d'être quelquefois malheureux. Jannée ayant, peu après la scène scandaleuse de la fête des tabernacles, entrepris

une expédition contre Obédas, roi des Nabatéens, fut battu à plate couture. Après cet échec, il rentra à Jérusalem, où il trouva le peuple exaspéré contre lui. Pour le coup, le mécontentement devint une véritable guerre civile. Selon Josèphe, toujours porté à l'exagération, cette guerre dura six ans et coûta la vie à cinquante mille Juifs. Jannée, avec ses mercenaires, sut tenir tête à son peuple ; mais enfin il fallut céder. Jannée se décida à faire le premier des propositions de paix. Mais le Juif enragé n'entend pas facilement raison. « Enfin que voulez-vous de moi ? » demandait-il aux insurgés. « Que tu meures y>, lui fut-il répondu*.

Alors se passa quelque chose d'incroyable. Le peuple, vers 88 avant Jésus-Christ, appela à son secours le roi séleucide Démétrius III Eukœros, contre le petit-fils de Simon, l'arrière-petit-fils de Maltathiah ! Telles sont les passions religieuses. Jannée était un Juif rigoureux, nous dirions même fanatique; il exterminait des populations pour agrandir les frontières du royaume circoncis, et les petits-fils de ceux que ses ancêtres avaient délivrés appellent contre lui un des successeurs d'Antiochus, pour une légère nuance de dévotion, pour

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