Jos.,.4nt., XIII.xvi
à la Judée un souverain juif. Les Ilérodes ne feront que se substituer aux Asmonéens et continueront la politique inaugurée par ces derniers.
L'État créé par Jean Hyrcan et Alexandre Jannée était petit, selon nos idées; mais ce fut le plus grand des royaumes sortis de la dislocation de l'empire séleucide. Il égalait à peu près en surface deux de nos départements. C'était l'unité palestinienne que les conquérants juifs venaient de reconstituer, la Samarie et la Galilée comprise, jusqu'au nord du lac Samochonitis.
Toute la côte depuis le Carmel jusqu'à l'Egypte *, sauf Ascalon, était raltachée au judaïsme. II en faut dire autant de la zone des villes, dans la région à l'est du Jourdain et de la mer Morte, Rabbath-Ammon (Philadelphie) et ses dépendances étant exceptées.
Toutes ces conquêtes eurent un triste résultat pour la civilisation. C'était autant d'enlevé h l'hellénisme ; des villes grecques florissantes, PeUa, Séleucie (du lac Samochonitis), Philotérie, (îadare, Gérase, furent supprimées ; l'effet de la conquête
1. Jos., XIU, XV, 4, et XIV, I, 4; GeorjfcsIeSynoellc, I, p. 558 et suiv., ('•(lit. Dindorf. Les renseigiicineiits que W Syncellc ujoute à Josôphe paraissent provenir de Juste de Til)ériade. Voir Schûror, I, p. 228, note.
macédonienne se trouva anéanti dans un tiers de la Syrie. De nombreuses villes jusque-là florissantes, livrées à un judaïsme étroit, fondé sur l'extermination, devinrent des déserts et ne durent leur résurrection qu'à Pompée et à Gabinius*. C'était la faute de cet esprit séparatiste, qui n'admettait de rapports qu'avec des circoncis; mais c'était surtout la faute du principat, de la dynastie profane, qui aspirait à élargir ses domaines et à régner sur une matière imposable de plus en plus étendue. Peut-être s'y mêlait-il la pensée de paraître plus juif que ceux qui lui reprochaient de ne pas l'être assez. Le roi de France n'a jamais été persécuteur que quand il a eu des incartades gallicanes à se faire pardonner.
Autour du prince asmonéen, en efl'et, se forma, par la nécessité des choses, une sorte d'atmosphère légitimiste, très juive sans doute, mais avant tout asmonéenne, dont le premier principe était que les fils de Mattathiah avaient seuls mission de délivrer Israël du joug syrien, que Dieu ne se chargeait pas de proléger les intrus qui voudraient s'y ingérer', que les prêtres, en particulier, n'entendaient rien à cette besogne et n'aboutiraient