I Macch., V
qu'à se faire tuer sans profit*. Cette opinion laïque s'associait à un judaïsme très profond, mais resté conforme au vieux type, n'admettant pour base de la vie que le patriotisme, ne sachant rien de la résurrection ni des récompenses d'une autre vie.
Ces opinions s'exprimèrent avec une franchise singulière dans un livre de la plus haute importance, celui qu'on appelle « le premier livre des Macchabées », contenant les récits de la guerre sainte depuis le soulèvement de Mattathiah jusqu'à la mort de Simon (environ quarante ans) . L'auteur avait aussi, parait-il, écrit les annales du règne de Jean Hyrcan^; mais cette partie n'intéressait pas assez les chrétiens ; elle n'a pas été conservée.
Le premier livre des Macchabées est l'ouvrage d'un laïque, tenant de près aux gens de la cour et sans doute écrivant sous leur inspiration. C'était un homme assez instruit, non étranger à la culture grecque, inspiré cependant avant tout par les anciens écrits hébreux, dernier reflet lui-môme du vieux génie de la nalion. La préface sur Alexandre, un peu déclamatoire, présente un vrai caractère de grandeur.