LE REGNE DES PHARISIENS. ALEXANORA
Les dernières années d'Alexandre Jannée furent tristes et découragées. La nation irritée lui faisait tous les affronts qui ne risquaient pas d'être réprimés sur-le-champ. Il n'avait que quarante-cinq ans, mais il s'épuisait. Pour s'étourdir, il se laissait aller à l'ivrognerie, et il contracta de ce vice une fièvre quarte, qui le mina en trois ans. Les plus sombres préoccupations l'assiégeaient. Il voyait ses fils tués ou expulsés par le parti puissant qu'il avait irrité, et qui était en quelque sorte la nation*. La reine Salomé-Alexandra était une personne d'une piété rigide et sympathique aux pharisiens. Elle avait blâmé les mesures rigoureuses prises par son mari contre ce parti. Jannée pensa qu'elle pourrait