‹ Historie du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 78 sur 243 · Maccli., xm. il · texte numérisé non relu

Maccli., xm. il

T). I Naccli., V, 50 et suiv.

GertainemenL une influence grecque avait passé par là. Alexandre, en courant le monde, à la façon d'un Dionysios, pour chercher d'illustres aventures, avait enflammé les imaginations. Sa légende était déjà éclose; ses historiens, tous plus ou moins fabuleux, entretenaient l'idée qu'on est payé de toutes ses fatigues si l'on parle de vous à Athènes. La gloire était née et avait commencé d'être une valeur. « Être estimé des Grecs d va devenir pour un temps l'équivalent de la rémunération divine.

Les princes asmonéens, à ce qu'il semble, n'étaient pas insensibles à des considérations de ce genre. Par suite de la conquête des villes grecques du littoral, de la Galilée, de la Pérée, la langue grecque s'imposait à côté de l'hébreu.

Le monnayage royal d'Alexandre Jannée est bilingue; son monnayage sacerdotal est simplement hébreu et présente la même formule que les pièces de Jean Hyrcan et d'Aristobule I" '.

Le petit royaume juif prenait ainsi tous les caractères d'un État profane sérieux. Les grandes constructions soignées se multipliaient à Jéru-

i. Madden, Jeiv. coin., 83-1)0. Les pièces qu'on a d'Alexandra sont aussi en grec. Les pièces sacerdotales de Hyrcau il étaient sans doute en hébreu. 11 est douteux qu'on en ait.

salem et dans les environs, et peut-être les dépenses exigées par ces constructions furent-elles, comme cela eut lieu pour Salomon et pour Ilérode, une des causes du mécontentement qui troubla la fin du règne de Jannée. Il y a quelque impropriété à parler d'un art juif, puisque la religion juive contenait une sorte d'interdiction de l'art. Qu'on se figure ce que fût devenue la Grèce, si elle n'avait eu qu'un seul temple, deux fois rebâti en mille ans. L'architecture du palais des Asmonéens, à Jérusalem*, nous est inconnue. La tour Baris (plus tard Antonia) ^ était dans le style le plus grandiose des fortifications de ce temps.

Le quadrilatère d'IIébron et son mur incomparable ^ me semblent un ouvrage de l'époque asmonéenne ou hérodienne. Les règles grecques y sont trop bien observées pour qu'on puisse le rapporter aux temps antérieurs à la captivité. Ilébron ne devint ville juive que sous les Asmonéens, et sûrement ce n'est pas après le siège de 70 que cette enceinte étonnante a pu être construite. On en doit dire autant de l'enceinte ôc Ramcl-cl-KhalU \

\. Jos. , Ant., XX, VIII, 11; IL J., II, xvi, .'{; VI, vi, 2. Ce palais était situé prés du xyste, vers le meïdan actuel. "2. Jos., Ant., XV, XI, 4.

y. Suit Miss, de Phénicie, p. 799-805.

L Ihid., [.. 800-80-2.

bâtie dans un style analogue à celle d'Hébron, et où l'on peut voir le pourtour du champ de foire du Térébinthe, près d'Hébron.

L'art juif trouva dans la construction des tombeaux son application la plus libre. Procédant des vieilles données de l'architecture égyptienne, traitées selon le goût grec et appropriées aux usages et aux idées juives, le tombeau juif a bien son caractère partout reconnaissable. L'ornementation en est très recherchée; l'obligation d'en écarter les figures vivantes amène des profils lourds et pompeux; l'aspect est très riche cependant. Le monument de Modin, avec ses pyramides et ses colonnades décorées de trophées et de rostres, que les navires apercevaient à la hauteur de Joppé*, devait être d'un grand effet. Mais c'est à Jérusalem que ces sortes de tombeaux somptueux devinrent à la mode. La vallée du Gédron et les environs de la ville se remplirent de gigantesques mausolées, qui se voient encore et dont quelques-uns sont assez beaux '. C'étaient tous des sadducéens qui se faisaient si bien enterrer. Jésus annoncera bientôt

1. I Macch., XIII, "21 et suiv. Voir ci-dessus, t. IV, p. 386.

2. Tombeaux prétendus des Juges, de Zacharie, d'Absalon. Une chronologie rigoureuse de ces monuments est impossible, dans l'état actuel de la science. Pour les tombeaux des rois, voir Orig. du christ., II, p. 257.

i30 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL.

qu'au jour du jugement les riches couchés en ces superbes mausolées les supplieraient de cacher leur honte et de les dérober au châtiment qui les attendait*.

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