Jos., AuL, XV, m, I ; \X, x
avaient totalement gâté Israël; le minimum de moralité sans lequel une dynastie ne peut durer n'existait plus. Le faible Hyrcan fut le jouet d'intrigues, auxquelles son esprit borné le livrait sans défense. Le mal vint surtout d'une grande famille iduméenne, qui, dès à présent, va jouer dans les affaires juives un rôle capital*.
Alexandre Jannée avait choisi pour gouverneur' de ridumée, un certain Antipater% probablement originaire de la ville libre d'Ascalon, qui s'était
1. L'origine iduméenne de la famille d'Ilérode est certaine. Jos., B. /., I, VI, 2. Ce que dit Nicolas de Damas (dans Jos., Ant., XIV, I, 3) d'une origine purement juive est une flatterie à l'adresse d'Ilérode. La version d'une origine infâme, propagée par Jules Africain, est une invention des chrétiens et, ce senjble, de la famille de Jésus, Orig. du christ., V, p. 190. Quant à l'origine ascalonite, elle est assez probable. Hérode fait des constructions à Ascalon, y a un palais, qui passe après sa mort à Salomé (Jos., Ant., XVII, xi, 5; B. J., I, xxi, 11 ; II, vi, 3) ; les noms d'Antipaler et d'Ilérode sont ascalonites {Corpus inscr. semit., 1" partie, n. 115; Corpus inscr. lat., t. X, n» 1746); les monnaies d'Ascalon paraissent avoir des analogies juives (Saulcy, Ann. Soc. num., III, 253-258). La fable répandue par Jules Africain a pour point de départ l'origine ascalonite : Ascalon aura conduit la pensée au temple d'Ascalon; le temple, aux biéroduies. Le témoignage de saint Justin {Dial., bi) est indépendant de ladite fable. L'objection c'est qu'Ascalon n'a jamais été du domaine juif, ni même de celui des Ilérodes.
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3. C'est par erreur que Jules Africain (II, xxix) nomme Ilérode le grand-père d'Ilérode le Grand ; il s'appelait Antipater.
laissé circoncire lors de la conquête du pays par Jean Hyrcan. Son fils Antipater occupa probablement la même position après lui. Vers le moment où nous sommes, il naissait à ce dernier un fils que nous verrons appelé aux plus extraordinaires destinées; il sera roi en Jérusalem.
Antipater n'était un Juif fervent ni par la religion, ni par le patriotisme. Ses rapports étaient surtout avec les Nabatéens de Pétra; il avait avec Hareth III Philhellène les relations les plus intimes. Brave et entreprenant, Aristobule ne pouvait servir les projets d'un tel ambitieux. Le faible Ilyrcan, au contraire, était bien ce qu'il lui fallait. Antipater lui répétait sans cesse qu'il était le souverain légitime. Il lui fit croire que sa vie n'était plus en sûreté à Jérusalem et le détermina à se réfugier à Pétra, chez Hareth, roi des Nabatéens. Antipater persuada à IlareLh de ramener Hyrcan dans ses États, à condition que Hyrcan rétabli rendrait aux Arabes les villes que son père Alexandre Jannée leur avait prises.
Aristobule, battu par Hareth, alla se renfermer dans l'enceinte du temple. Jérusalem se partagea entre les deux frères ; le siège du temple fut commencé; la guerre civile fut ardente sur la colline sacrée. Les vrais Juifs, indignés, quittèrent la ville
et se réfugièrent en Egypte, pour n'avoir pas de contact avec les profanateurs.
Le siège se prolongea. A la fête de Pâques (de l'an 65), les assiégés n'avaient pas de victimes; ils en demandèrent à prix d'or aux assiégeants, qui les trompèrent, ou, selon d'autres, leur firent monter un porc*. Un certain Onias, saint homme, fut plus sage. Il passait pour thaumaturge*; les partisans de Hyrcan l'amenèrent de sa cachette pour maudire Aristobule et ses gens : « 0 Dieu, roi de l'univers, dit-il, puisque les gens que voilà autour de moi sont ton peuple, et que les assiégés sont tes prêtres, je te prie de ne pas exaucer ceux-là contre ceux-ci, et de ne pas réaliser ce que ceux-ci te demandent contre ceux-là. » Le saint homme avait raison; aussi tout de suite fut- il lapidé\
Or, pendant que les fils d'Israël se livraient ainsi à une guerre abominable autour de la maison de Dieu, une force colossale courait le monde, broyant tout sur son passage, mais rétablissant partout la paix et même un semblant de raison. Rome, depuis plus d'un siècle, régnait, morale-
1. Jos., Ant., XIV, II, 2 ; B. /., I, vi, i ; Talin. de Jér., Berakoth, IV, 1 ; Talm. de Bab., Berakoth, 7 b; Sota, 49 b; Menahoth, 64 b; Baba Kama, S"! b.