‹ Historie du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 83 sur 243 · Jos., Ant., XIV · texte numérisé non relu

Jos., Ant., XIV

ment parlant, en Orient, par son influence, qui faisait et défaisait les rois, donnait une victoire assurée à celui qui s'appuyait sur elle. Maintenant, c'est l'armée romaine elle-même qui parcourt l'Asie comme un rouleau terrible, auquel ni les armées assyriennes, ni les armées perses, ni l'armée d'Alexandre n'auraient pu être comparées. Mithridate a été enlevé comme une paille par le torrent auquel il voulait opposer une digue. Pompée est en Arménie, maître absolu de l'Asie. C'est lui qui va d'un vigoureux coup de poing mettre un terme à ces divisions misérables, à ces dynasties locales, à ce système de mercenaires, sous lesquels la Syrie agonisait. Rome ne s'occupe pas de religion; elle laisse cette question à la liberté de chacun; voilà son immense supériorité. Rome est une raison grossière; mais c'est une raison. Elle ne fera pas la sottise d'Antiochus Kpiphane; elle gardera la religion romaine pour les Romains*. Mais elle donnera au monde ce dont il a soif, la paix, l'ordre, la possibilité pour l'individu de vivre à sa guise sous la haute protection de l'État.

Tous les égoïsmes étaient ainsi satisfaits. Rome avait la domination ; le provincial avait le repos. Par suite de cette envie, souvent déjdacéc, parfois

i. Cuique genti sua religio est; noslra nobis.

bienfaisante, de mettre la main sur tout ce qui remuait, Rome devenait vite la policière des pays où la portait son ambition. La police est une chose excellente, pourvu qu'elle soit bien faite. Celle de Rome l'était presque toujours. Du fond de l'Arménie, Pompée surveillait l'Orient. Il envoya en Syrie ^milius Scaurus, son lieutenant (65 av. J.-C). Toutes les villes, tous les dynastes se livrèrent à l'instant à un assaut de bassesses pour obtenir ses faveurs. Tyr lui éleva une statue et le nomma son patron*. Les deux partis qui se battaient autour du temple de Jérusalem lui envoyèrent un ambassadeur. Chacun d'eux offrait quatre cents talents. Scaurus eut plus de confiance dans les propositions d'Aristobule et se décida pour lui. Hareth leva le siège au plus vite et regagna Pétra, poursuivi par les forces d'Aristobule. Aristobule régna ainsi quelque temps, s'appuyant sur l'armée, faisant sur terre et sur mer des expéditions que l'on qualifiait de forbanneries^ et qui peut-être y ressemblaient beaucoup.

Au commencement de 63, Pompée, après avoir exercé en Syrie une sorte d'inspection de police et exécuté un certain nombre de tyrans, dont

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