‹ Historie du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 86 sur 243 · hpà xpTu.*Ta · texte numérisé non relu

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3. Cn. PoiniH'ius niiitis Itirrosuh/uiis rirlor ex illn fnno nihit nlligil. (iicéron, Pn» Flocro, (i7.

« le livre des jeûnes », qui consacre des anniversaires insignifiants, n'a pas de souvenir pour cet événement. Les vaincus de l'an 63 n'eurent pas la consolation ordinaire des vaincus, qui est de noircir leurs vainqueurs. Pompée ne fut nullement traité par la légende comme NabuchodonoscJr et Titus. On admira sa modération; on trouva qu'il s'était comporté selon ce que l'on attendait de sa vertu*. Pas une trace de deuil ni de colère. Quand on compare cela au siège qui eut lieu cent trentetrois ans plus tard ! La chute des Asmonéens fut évidemment une délivrance, un soulagement pour Israël*.

Israël, en effet, en était venu à se réduire exclusivement au parti pharisien. Le parti pharisien était to ethuoSy et ce parti n'aimait pas la royauté. En somme, il n'y eut de vaincu par Pompée que le parti militaire, patriote, si l'on veut. Si l'auteur du premier livre des Macchabées vivait encore en 03, il dut faire d'amers retours, en relisant ce qu'il

1. Kiv TC'jTw Tr; irîfl aÙTov dÇ!»; srpaÇtv ipîTf.î. Jos., Ant., \1V, IV, L

2. 'A7mXXa"]fp.£vot tt; «JuvaCTTEia; (délivrés de leur dynastie), Jos,, Ant.., XIV, V, i. Ao u.£»û>î Sï tt; i\ svi; ÈiTtxpaTïia; tXtuôzpwdsvTe; (B. J.,I, viii, 5). \o\v Psautier (le Salumon, ps. xvu. Les versets 6, 7, 8, ^l-^â contiennent les allusions les plus malveillantes contre les Asmonéens.

avait écrit une trentaine d'années auparavant, dans son enthousiasme républicain :

Cependant Juda entendit le nom des Romains, combien ils étaient forts et puissants, combien ils montraient de bienveillance à tous ceux qui s'attachaient à eux, quelle fidélité ils gardaient à leurs alliés. On lui raconta leurs guerres, les exploits par lesquels ils s'étaient signalés contre les Gaulois*, comment ils les avaient vaincus et rendus tributaires; puis, ce qu'ils avaient fait en Espagne. . . qu'ils restaient invariablement les amis de ceux qui s'étaient confiés à eux, tandis qu'ils réduisaient tous les royaumes voisins ou éloignés, et que tous ceux qui entendaient leur nom les craignaient; qu'ils venaient en aide à qui ils voulaient et qu'ils étaient arrivés au plus haut degré de puissance; et qu'avec tout cela, nul d'entre eux n'avait ceint le diadème ou revêtu la pourpre, pour faire parade de magnificence; mais qu'ils s'étaient créé un sénat, où chaque jour trois cent vingt conseillers s'assemblaient pour délibérer sur le bien-être du peuple; et qu'ils confiaient le gouvernement chaque année à un seul homme, qui devenait ainsi le chef de tout leur pays, et à qui tous obéissaient; que chez eux il n'y avait ni cabales ni envie. . .

Voilà celui qui dut éprouver une déception. Quant au peuple, pourquoi cùt-il pris le deuil? Non seulement le peuple n'aimait pas la royauté ; il se souciait peu de l'indépendance nationale; il ne voulait que la liberté religieuse; il ne tenait qu'à un état de choses où il put librement pratiquer la loi et se livrer à ses subtilités de casuistique. Les pharisiens, au fond, j)réréraient Rome, qui ne

i. Conquête de la Gaule cisalpine en 183.

s*occupait pas de religion, à une dynastie, nationale, il est vrai, mais antipathique le plus souvent à leurs idées. Au fond, le pharisien était opposé à la politique. La politique, de façon ou d'autre, amène l'inégalité des classes. Le Juif est démocrate par nature; il a le goût de l'égalité; il n'aime pas la force armée; il n'admet d'autre mérite que la sainteté. Le docteur, qui explique la Loi, est pour lui plus que le prêtre, plus que le prince, plus que le temple, plus que la patrie.

Ainsi le pharisaïsme sortit plus fort d'une crise qui semblait devoir être le tombeau de la nation. Le prêtre, d'après la constitution juive, était l'aristocrate, le riche. La petite aisance des pharisiens était une critique du luxe de ces hauts personnages. Nous avons à cet égard un témoignage du temps môme où nous sommes. Strabon, qui s'occupa des Juifs avec tant de conscience, les questionnant sur leur organisation intérieure, tomba sur un Juif libéral, opposé au sacerdoce et au pouvoir temporel. Il eut de la peine h se faire une idée claire de ses sentiments à l'égard du temple : « Ils le détestent comme repaire de tyrans; ils le révèrent comme sanctuaire* ». Les paroles, vraies ou supposées, que

1. Strabon, XVI, ii, 37, 40. Cf. Orig.du christ., t. IV, p. 287.

Josèphe prête à l'avocat*, en y admettant même un peu de rhétorique, sont de la plus pure démocratie. La révolution opérée par Pompée fut ainsi considérée comme s'étant faite au profit du peuple-. La nationalité fut perdue; mais en fait, la république gagna. « Aime le travail, hais la domination et n'aie aucun rapport avec l'autorité^ » était une maxime de Schemaïah, successeur de Siméon ben Schatah, peut-être en souvenir du temps d'Alexandra, après lequel le parti pharisien paya si durement la faute qu'il avait commise de s'occuper de politique.

Hyrcan fut naturellement confirmé par Pompée dans le pontificat; mais toute autorité profane lui fut enlevée*. Le grand-prêtre fut vassal de Rome, nommé par l'autorité romaine"'. Ceux qui avaient le plus poussé à la guerre furent décapités. Jérusalem devint tributaire des Romains. Les conquêtes de Jean Hyrcan et d'Alexandre Jannée en Cœlésyrie furent annulées. Toute làcôte futperdue.

i. Voir ci-dossiis, p. 1 Ui.

2. Jos., Aut., XIV, IV, 5 : llaoïXiîoc, ■« TrpoTiptv TCÎ; xarà -ys'vo; ap"/,upi'j<iiv <?i<V.u!vï) Tiaf,, 'fr,tt.^TiAt')t àvJswv t^evero.

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