Jo8., .l«(., XIV, m, i. Cl". Strabon, XVI, ii, 37 et il
lem quand il aurait réglé les affaires des Nabatéens. La conduite d'Aristobule, dans les mois qui suivirent, fut un tissu d'inconséquences, de manques de parole, d'étourderies. Il eût préféré recevoir la couronne de Pompée, qui la lui eût par cela même garantie ; mais il ne reculait pas devant l'idée folle de tenir tête aux Romains. Pompée s'impatientait. Son camp était dans la plaine de Jéricho. Un matin il partit pour Jérusalem. Toutes les finesses d'Aristobule lui retombaient sur la tête. Vers le milieu de la route, Pompée le voit venir à lui, plein de protestations, s'offrant pour introduire lui-même pacifiquement les Romains dans Jérusalem. Pompée accepte, envoie Gabinius, un de ses lieutenants, pour prendre possession de la ville. Rien n'était vrai dans ce qu'avait dit Aristobule. Gabinius fut fort mal reçu. Pompée, furieux, fait mettre Aristobule en prison et s'approche de Jérusalem pour en faire le siège'. n était dans le caractère de Pompée de tout grossir et de faire des esclandres avec ce qui ne le regardait qu'à demi.
L'armée assez solide d'Aristobule était l'élément
1. Jos., Ant., XIV, IV, "l'i; B. /., I, vu, 3-5; Dion Cassius, XXXVII, 16; Strabon, XVI, ii, 40; Tite-Live, Epit., 102; Tacite, Hist., V, 9; Appien, Syr., 50; Mithrid., 106.
qui portait le plus à la résistance. Les pharisiens, en somme indifférents, étaient plutôt pour qu'on reçût les Romains sans coup férir. Hyrcan agissait activement pour que la population ne fit pas cause commune avec son frère. Ce ne fut pas une guerre contre le peuple juif, mais seulement contre le parti d'Aristobule et ses mercenaires.
La ville proprement dite fut ouverte à Pompée; son légat Pison prépara toutes choses; le général romain s'installa dans le palais royal des Asmonéens, à deux pas du mur d'enceinte du temple. Les soldats et quelques prêtres se renfermèrent dans l'enceinte sacrée ; on coupa le viaduc qui mettait le temple en communication avec la ville, pardessus la vallée de Tyropœon. L'attaque se lit surtout par le côté nord. Hyrcan aidait de toutes ses forces les travaux des Romains ; les terrassements durent être énormes. On fit venir de Tyr les machines de siège, et bientôt on put lancer sur le temple des quartiers de rochers. L'espèce de frénésie avec laquelle les Juifs s'attachent à la pratique, quand des difficultés particulières s'y opposent, alla dans cette circonstance jusqu'il la folie. Le principe adopté était que, le jour du sabbat, on pouvait repousser les attaques et rendre coup pour coup, mais non empêcher l'ennemi de
faire les travaux que bon lui semblait. Cela nuisit beaucoup aux assiégés; l'ennemi préparait sans obstacle ses machines le samedi, et s'en servait le lendemain. Malgré les pierres qui tombaient sur le temple, le culte ne fut pas interrompu un seul jour; le sacrifice perpétuel, qui se célébrait le matin et à la neuvième heure, ne manqua pas une fois. Le jour de l'assaut final, le carnage fut horrible autour du sanctuaire ; ceux qui étaient chargés du culte n'en continuèrent pas moins, dit-on, les cérémonies habituelles.
Le 10 octobre de l'an 63, après un siège de trois mois, la brèche s'ouvrit largement par la chute de la principale tour. L'armée romaine s'avança comme une force irrésistible ; Cornélius Faustus, fils de Sylla le dictateur, monta le premier à l'assaut avec sa cohorte.
Les partisans d'Aristobule se défendirent énergiquement; presque tous furent tués ou se tuèrent de désespoir. Gomme la ville proprement dite était avec les assaillants, l'ordre fut bien vite rétabli; les pertes des Romains avaient été très faibles.
L'exploit n'avait rien eu de bien difficile, en effet, et les gens d'esprit de Rome, même dans le parti de Pompée, Cicéron par exemple, quand ils voulaient rappeler le penchant qu'avait ce grand capi-
taine, un peu solennel, à triompher pour peu de chose, l'appelaient Hlerosolymarins^ Se faire décerner un triomphe pour la prise d'une bicoque, d'un temple! cela fut trouvé un peu ridicule. Pompée, malgré son grand mérite, était porté à l'emphase et à exagérer toutes choses par vanité.
Pompée, entouré de ses officiers, entra dans le temple, pénétra jusqu'au fond du sanctuaire, vit la table d'or, le chandelier, les patères, les parfums entassés, et, dans les trésors, des monceaux d'or allant à deux mille talents ^ Il ne toucha à rien, se comporta avec la plus grande décence \ Les Juifs en furent émus, presque fiers. Le lendemain, le général romain fit tout nettoyer et ordonna de reprendre la liturgie journalière.
Ainsi tomba, vers la fin de l'an 63 (l'année du consulatdcCicéron), la royauté sortie de l'héroïsme des Asmonéens et qui n'avait jamais été qu'un contresens. Les Juifs furent très peu sensibles à cette chute. Les sources talmudiques ne mentionnent pas le siège de Pompée ; la Mcgillath Taanith,
\. Cicéroii, ntl Ml., ii, '.(. C'est le plus ancien exemple du nom
(11' Hii'fttsnhiiiiii pour Jcnisolcni. Peut-Otrc so inéla-l-il à cette transcription uih; pointe il'ii-onit*.