‹ Historie du peuple d'IsraëlChapitre 12 sur 337 · ORGANISATION MILITAIRE · texte numérisé non relu

ORGANISATION MILITAIRE

C'est surtout par la guerre que la royauté naissante d'Israël inaugura une ère nouvelle, essentiellement différente des temps antérieurs. La forte bande que David s'était faite à Adullam et à Siklag devint le noyau d'une excellente armée permanente, qui eut, à son heure, la supériorité dans tout le midi de la Syrie. Jusque-là, Israël avait souffert des attaques perpétuelles de ses voisins, et s'était toujours montré inférieur aux Philistins. Maintenanties Philistins vont être domptés, les peuples voisins rendus tributaires. Israël va former un véritable royaume, en sûreté derrière ses frontières, et pour un temps dominant les États limitrophes.

Ce qui avait caractérisé l'époque des Juges et amené les défaites d'Israël, c'étaient le manque de précaution, l'infériorité de l'armement. David fit

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faire des provisions d'armes défensives, que l'on gardait dans la citadelle de Jérusalem *. Plus anciennement, lefjlbbor avait été propriétaire de ses armes, lesquelles de la sorte se trouvaient souvent de qualité inférieure ou mal entretenues. L'homme de guerre fut maintenant équipé par le roi, et ces innombrables épisodes où le Philistin, puissamment casqué, avec sa longue lance et ses cuirasses perfectionnées, narguait l'Israélite, armé d'une simple fronde ou d'une courte épée -, ne se présentèrent plus.

Une armée, dans les temps anciens,' avait presque toujours pour origine une bande de pillards, ou, ce qui revient au même, de gens ne voulant pas travailler et résolus de vivre du travail des autres. Naturellement, ces brigands, une fois leur autorité reconnue sur une certaine surface de pays, devenaient les protecteurs- nés de ceux qui travaillaient pour eux. L'ordre, nous l'avons dit souvent, a été créé dans le monde par le brigand devenu gendarme. Les hommes qui réussirent, avec David, à faire d'Israël une patrie avaient partagé sa vie d'aventures. Ces hommes, presque tous Bethléhémites on Benjaminites, durent avant tout s'armer; le pillage des

i. Gant., IV, i.

± Voir t. r, p. 400-407, et ci-après, p. ^21, 22, ^23, 28.

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Amalécites^ les y aida. Beaucoup d'individus énergiques des tribus voisines se mirent avec eux. Les Ghananéens ou Hittites paraissent avoir été dans la bande sur le même pied que les Israélites '. Il y avait aussi des Arabes, des Araméens, des Ammonites ^ Enfin les Philistins, comme nous le verrons, fournirent un contingent considérable.

Parmi ces compagnons, que le fils d'Isaï savait retenir autour de lui à force d'habileté, de charme, et surtout en leur procurant de beaux profits, un homme dominait tous les autres par sa capacité militaire; c'était Joab, fils de Serouïa \ qui fut le lieutenant de David dans toutes ses conquêtes, comme il avait été le principal instrument de sa fortune. Son frère Abisaï le secondait habilement. Le dévouement de ces hommes à leur chef ne connaissait pas de bornes. David était personnellement d'une grande bravoure; mais il était petit et ne parait pas avoir été très résistant à la fatigue. Un jour, dans une expédition contre les Philistins, partie de Jérusalem, il fut obligé de s'arrêter h

J . Voir t. 1% p. 127-130.

i. Voir ci-dessus, p. iî>.

3. Il Sam., xxiii. Les noms de tribus qui se lisent dans la liste des (jibborim paraissent souvent étrangers ù Israël. Malheureusement, ces noms sont fort altérés par les copistes.

i. Voy. t. P'-, p. 137.

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Nob ' et faillit être tué par un Philistin. A partir de ce moment, les compagnons firent ce qu'ils purent pour l'empêcher de payer de sa personne, l'assurant que sa vie était trop précieuse pour être ainsi exposée, en réalité parce que la présence de leur ancien chef, devenu roi et légèrement obèse, était pour eux une gêne, un obstacle à la célérité des mouvements.

Un singulière émulation de gloire s'alluma entre ces hommes, qui, n'ayant plus d'autre métier que la bataille, devinrent des soudards de profession, uniquement occupés à se raconter leurs prouesses et à se surpasser les uns les autres. Les (jihhorim (les héros, les braves) devinrent comme un groupe d'élite, dont on aspirait à être. Il y eut une sorte de Légion d'honneur des ce Trente », comprenant ies plus illustres paladins de David. Parmi ces Trente, on en compta trois, les plus illustres de tous, Joab mis à part. C'étaient Jasobeam le Hakmonite, Éléazar fils de Dodo - l'Aholiite , Samma fils de Agé le Hararite, tous de la tribu de Juda ou de Benjamin. Plusieurs plaçaient dans la même catégorie Abisaï et Benaïah. Du vivant même de David, à ce qu'il semble, se fixèrent par écrit des listes,

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