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datant des anciens temps chananéens, est souvent mise, pour l'importance religieuse, en parallèle avec Béthel. C'était, à ce qu'il parait, un point culminant, assez voisin de Silo, d'où l'on dominait tout le pays. On prétendait que Samuel y avait fréquemment tenu les assises d'Israël, et, à beaucoup d'égards, le lieu rappelait Mispa. On y venait des alentours ; on y oflVait des sacrifices ^ Les pèlerinages étaient fort dans le goût des tribus israélites. Gomme les légendes patriarcales se rapportaient en grande partie au Négeb, en particulier h Beër-Séba, on allait à cette grande distance, malgré la difficulté de traverser le royaume de Juda, se retremper dans les vieux souvenirs et chercher le vent du désert^. Ces fêtes étaient, du reste, accompagnées de festins; la jeunesse y prenait largement sa part; si bien que l'on ne distinguait guère entre les fêtes religieuses et les fêtes profanes. Les pèlerinages
1. Fréquentes mentions chez Amos et Osée, et dans les livres (le Samuel. Comp. II Rois, ii, 1, et Deut., xi, 30; Uobinson, Bibl. Res., II, :265-266, Aujourd'hui Djildjilia. Ne pas confondre avec le Galgal de Josué, vieux centre idolàtrique près du Jourdain (Juges, III, 19), ni avec la ville chananéonne de Galgal (Josué, xii, 23), près d'Antipatris.
2. Amos, V, 5; viii, 14. Comp. Gen., xxi, 25-34 (pris dos Légendes patriarcales).
198 HISTOIRE DU PEIPLK n'ISRAËL. ft»50 av. J.-C.|
constituaient, comme au moyen âge, une partie de la joie de la vie *.
Tout cela faisait du royaume du Nord un champ beaucoup moins favorable que Jérusalem au développement d'un sacerdoce, d'une religion complète. Les fêtes, en particulier, dans le royaume d'Israël, restèrent rudimentaires, et la Pâque ne s'y développa guère ^. Mais le prophétisme trouvait, dans ces mœurs si peu différentes des mœurs antiques, un terrain excellent. Les prophètes avaient été contraires au temple et favorables au schisme. Béthel et Silo possédaient un grand nombre de ces inspirés, extrêmement révérés des populations. On parlait surtout de cet Ahiah qui avait prédit, dit-on, la royauté à Jéroboam, et qui resta célèbre dans les annales prophétiques -^ Ces hommes de Dieu créaient de grands embarras à l'autorité; mais c'est bien en eux que résidait la tradition vraie de l'esprit. Écrasé à Jérusalem par l'autorité de la maison de David, le génie d'Israël se développait surtout dans le Nord. Les montagnes d'Éphraïm et du Carmel vont devenir, pendant plus de deux cents ans, le théâtre du mouvement religieux le plus fécond.