I Uois, XIII, 11 et siiiv;. xiv, 1 et suiv
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Pendant que Jéroboam réagissait ainsi contre tout ce qu'avaient fait David et Salomon et replaçait les choses au point où elles étaient du temps de Saiil, Roboam essayait, dans Jérusalem, de maintenir ce qui restait de Tœuvre de son père. La puissance, plus apparente que réelle, de Salomon s'évanouissait comme un mirage. Roboam lutta, pendant dix-sept ans, contre cette décadence. Prévoyant des invasions du côté de l'Egypte, il fit fortifier toutes les villes de Juda, et y établit des dépôts de vivres et d'armes. Ces précautions ne servirent de rien. La cinquième année du règne de Roboam (vers 950), le roi Sésonq, le fondateur de la vingt-deuxième dynastie (bubastite), qui déjà avait donné la preuve de sa malveillance pour le roi de Jérusalem, en offrant un asile, dans les derniers temps de Salomon, à Jéroboam révolté, commença une de ces courses à travers la Syrie dont les rois d'Egypte avaient comme perdu l'habitude depuis les Ramsès. Les villes de Juda subirent le premier effort^ Le roi d'Egypte entra en maître dans Jérusalem. Il ne détrôna point Roboam'-; mais
1. Maspero, Zeitsclirift fur œgypt. Spr.y 1880, p. 17; Recueil de trav.y t. Vil, p. 100.
2. La liste des villes prises par Sésonq qui se lit sur les pylônes de Karnak est en très mauvais état, et n'a pas une
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il s'empara des trésors du temple et du palais royal, en particulier des boucliers d'or de Salomon, déposés dans le palais « Forêt du Liban », et des peltes d'or des officiers d'Hadadézer, qu'on avait conservés comme trophées de la victoire de David ^ .
Le royaume d'Israël ne soufTrit pas moins que celui de Juda de l'invasion de Scsonq^. Les villes de Taanach et de Megiddo lurent prises. Sésonq, à son retour à Thèbes, fit graver sur des tables, dans son palais dekarnak,rimagede sa campagne. Les villes prises, au nombre de cent trente-trois, sont représentées sous la forme d'un captif engainé dans un cartouche ou bouclier obsidional.
Ainsi, cinq ans après la mort de Salomon, Jérusa-
grande valeur. Elle commence par le .Nord, et se compose des listes des conquêtes antérieures, que le scribe adulateur rapporte à Sésonq. Jérusalem n'y est pas nommée. Le mot lehoudamélékha, où l'on voit d'ordinaire le titre < roi de Juda », est une ville; la figure placée à côté n'est pas, comme on l'a cru, le portrait de Hoboam ; c'est une image symbolique de ville prise. Pas plus en égyptien qu'en sémitique, l'interversion de mots lehouda mélek pour Mélck lehouda ne serait possible [iMaspero].
i. 1 Rois, XIV, 26; II Sam., viii, 7 (grec). Voy. Thenius, p. 100.
2. Maspero, Hist. anc, p. 340. Ceci écarte rhypothèse d'une instigation de Jéroboam, qui serait assurément fort admissible, surtout si on attachait quelque valeur au texte grec del Rois, xii, i24, d'après lequel Jéroboam aurait été gendre du roi d'Egypte. Voy. cependant Blau, dans \a Zcitschrift de r d. m. Ges., 1801, p. 233 et suiv.; Duncker, Gesch. des Alt., 11, p, 181.
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lem est humiliée, polluée. Ces splendeurs du temple et des palais, toutes ces belles œuvres, fraîches encore et à peine terminées, sont déshonorées par le contact du vainqueur. Roboam fit remplacer les boucliers d'or par des boucliers d'airain ; ces armes de parade, qui servaient aiuxracim, quand ils accompagnaient le roi au temple, furent désormais déposées non plus au garde-meuble royal, mais à la caserne des gardes du corps, près de la porte du palais. La suzeraineté que le roi de Jérusalem avait exercée pendant plus de trois quarts de siècle sur les pays voisins de la Palestine avait à peu près cessé. A cinq ou six lieues de Jérusalem, expirait la puissance du fils de Salomon.
La maison royale, cependant, continuait d'êlre puissante, et, en un sens, elle était mieux organisée qu'elle ne l'avait été sous les deux premiers règnes. Roboam eut un sérail de dix-huit femmes, dont plusieurs étaient ses tantes et ses cousines. La reine préférée était Maaka, fille d'Absalom * ; son fils Abiam fut constitué chef de ses frères et destiné à la royauté. Les autres princes, au nombre de vingtsept, reçurent des établissements dans les différents
1. Contradiction de I Rois, xv, "1, 10, et de II Chron., xf, ^0