Voir I Sam., xxi, xxiii
'2. Épisode de Saûl devant la vie à Ja générosité de David, raconlé deux fois (l Sam., xxiv et xxvi).
o. Pour le sens précis du mot mn"» DIDn^D, voir I Sam. xviu, 17. Cf. Josué, X, U.
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tribus du Nord bien plutôt qu'à Jérusalem^ Le livre avait le caractère franc, libre, un peu barbare, sobre et ferme, de tout ce qui vient du royaume d'Israël. Ce qui est presque décisif, c'est que, dans la partie du livre relative à l'époque des juges ^ il n'était presque pas question de Juda; les aventures héroïques se rapportaient surtout aux tribus du Nord. Les parties messéantes de l'histoire de David, ce qui concerne son singulier entourage dans la caverne d'Adullam, son séjour chez Akis, ses brigandages avoués, ses campagnes contre Israël, se comprennent aussi beaucoup mieux chez un narrateur du Nord, pour lequel David n'était qu'un aventurier hardi, que chez un narrateur de Jérusalem ou d'Hébron, pour lequel David était le fondateur de l'hégémonie de Juda. Peut-être, à vrai dire, la rédaction du livre des héros fut-elle double, comme cela eut lieu plus tard pour l'Histoire sainte. Il y eut peut-être la rédaction du Nord et la rédaction du Sud; il serait même loisible de supposer que Sepher milhamolh lahvé fut le titre de l'une d'elles; Sépher hay-yasar, le titre de l'autre. Mais, à cette
1. Notez la locution « Israël et Juda », I Sam., xv, A; xviii, 16. Voy. ci-dessus, p. 187.
"1, Cette partie nous est représentée par le livre des Juges de la Bible actuelle.
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limite, toutes les suppositions deviennent arbitraires; il vaut mieux ne pas trop s'y arrêter.
On comprend qu'un pareil livre, écrit à un point de vue simplement héroïque, ait dû paraître scandaleux à une époque d'orthodoxie, où le cohen et le nabi conquirent une importance qu'ils n'avaient pas eue dans les âges reculés. En usant comme ils devaient du vieux livre épique, les historiographes d'Israël y firent sans doute de nombreuses coupures ou retouches. Mais les soucis de l'apologétique n'étaient pas, à cette époque, fort rigoureux. Les historiographes laissèrent échapper, surtout dans la partie des Juges, une foule de détails qui prouvaient avec la dernière évidence que la législation supposée de Moïse n'existait pas à cette époque. De la sorte, l'histoire hébraïque, telle qu'elle nous est parvenue, s'est trouvée renfermer sa propre réfutation. D'une part, elle nous affirme que Moïse, avant l'entrée d'Israël en Ghanaan, lui donna une législation complète; de l'autre, elle nous raconte une foule d'histoires postérieures à l'entrée d'Israël en Ghanaan, qui supposent notoirement que cette législation n'existait pas.
La même chose est arrivée chez les musulmans. Malgré leur injuste mépris pour a. les temps de l'ignorance», ils n'ont pas perdu les souvenirs épiques
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antérieurs à l'islam. Les saints des mosquées ne lisent pas ces livres de vieille chevalerie; mais tout vrai Arabe s'en délecte. Le système théologicftie du judaïsme n'admit pas heureusement de « temps de l'ignorance » ; aucun piétisme ne fit oublier la vie enivrante des gibhorm^ et ces brillants récits tout profanes eurent leur place dans l'histoire de la religion. Grâce à la façon, inattentive par trop de respect, dont se lisent les volumes sacrés, les plus pieux protestants, de nos jours encore, se nourrissent avec ferveur d'aventures dans le goût d'Antar, de brigandages héroïques, de petites intrigues habilement conçues et racontées K
Moïse et Josué figuraient-ils dans le Sépher milhamoth lahvé ou dans le lasar? Gela est certain pour Josué. Le vers du chant sur la bataille de Gabaon {Josué, chapitre x),extraitdu lasar, semble supposer que Josué était nommé dans le récit en prose. La vision du sar-saha de lahvé -est un des morceaux les plus anciens de la littérature hébraïque. Les aventures de Caleb, qui était évidemment un des héros du Sépher milhamoth, ne sont guères séparables de. celles de Josué. Quant à
\. Le chef-d'œuvre du genre est le récit de l'entrée en relations de David et d'Abigaïl.