‹ Historie du peuple d'IsraëlChapitre 144 sur 337 · Voy. t. I-, p · texte numérisé non relu

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2. Cippes à Baal-Hamon , 'comme on dit chez nous « des vierges, des christs», pour des statuettes de la Vierge, du Christ. Comp. baaliMj asérim ou aséroth.

On n'a rien d'historique sur les prophètes du temps d'Asa. Tout porte à croire qu'ils avaient déjà une grande autorité \ qu'ils allaient même jusqu'à la violence. Plus d'une fois, à ce qu'il semble, le pieux roi fut obligé de sévir contre ses impérieux conseillers ^ Le manque de suite était extrême ; les idées, cependant, se clarifiaient. Malgré des excès, inséparables d'une société enfantine, sans tact ni sentiment des nuances, le petit État judaïte prenait une remarquable solidité. Le souvenir de David grandissait. Sa race était acceptée comme une sorte d'institution sanctionnée par lahvé luimême.

Le temple était pour la dynastie une sorte de palladium. Cette idée de droit divin, acceptée par les prêtres et les prophètes, écartait les compétiteurs. Pas un seul des chefs militaires n'eût osé songer à détrôner celui qu'on tenait pour oint par Dieu luimême. Nulle révolution n'était possible sous le ré* gime d'une pareille théocratie. — Sous ce rapport, le contraste avec le royaume d'Israël était frappant. L'idée de légitimité, base du royaume de Juda, ne put jamais s'établir en Israël. Nadab, fils de Jéroboam, régna peu de temps. Un Issacharite, nommé

1. Il Chron., xv (à prendre avec réserve). * 2. lî Chron., xvi, 10.

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Baésa, le tua, pendant qu'il faisait le siège de la ville philisline de Gibbeton. Ce Baésa extermina ensuite toute la famille de Jéroboam, et fut proclamé roi d'Israël à Thirsa. Il régna vingt-quatre ans.

L'état religieux des tribus du Nord continuait d'être un iahvéisme n'excluant ni les images, ni l'adoration de Dieu sous des noms divers, ni les superstitions impures du culte d'Astarté. Mais le monothéisme est quelque chose d'absolu , qui pousse toujours aux dernières conséquences. Les prophètes ne cessaient de prêcher un iahvéisme plus pur que celui dont se contentait la foule. Jéhu fils de Hanani, relevant le rôle d'Ahiah le Silonite, passe pour avoir joué, sous Baésa, un rôle analogue à celui d'Élie et d'Elisée sous Achab ^ .

Asa et Baésa ne cessèrent de se faire la guerre. La cause de leurs luttes fut Rama, à deux lieues de Jérusalem et très près de la frontière des deux royaumes. Baésa s'en étant emparé, la fortifia, et, comme Rama domine toutes les routes du Nord , Asa se trouvait ainsi serré de très près dans sa capitale.

1. I Rois, XVI, 1 et suiv., 7, 12. Ce qui est dit dans II Chron., XVI, 7 et suiv. ; xix, 2 ; xx, 34-, est tout légendaire et plein de confusions. Hanani et Jéliu-ben-Hanani sont le même per-

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La force de Baésa était son alliance avec le roi de Damas, Benhadad ^ , fils de Tabrimmon, iils de Rézon. Asa prit un singulier parti. Il enleva l'argent et Tor qui, depuis le passage de Sésonq, s'était accumulé dans le temple, surtout par les offrandes de son père et par les siennes ; il y joignit les trésors du palais royal et fit porter le tout à Benhadad, pour qu'il se tournât contre Baésa. Benhadad se laissa gagner, et envahit en ennemi les districts du Nord, lyyon. Dan, Abel-Beth-Maaka, tout le pays de Nephtali et les environs du lac de Kinneroth. Quand Baésa apprit ces tristes nouvelles, il interrompit les constructions de Rama et se replia sur Thirsa. Asa convoqua alors tous les hommes de Juda; il les conduisit en masse sur Rama; on enleva les pierres et les bois des constructions de Baésa,/t on les employa à fortifier Géba de Benjamin et Mispa.

Sans les déplorables luttes de Juda et d'Israël, le règne d'Asa eût été assez prospère^. Il couvrit le pays de villes fortifiées ^ ; on voit que ses appréhensions étaient continues et qu'il regardait la paix

1. Maspero, Hist. anc. (4° édit.), p. 362. Cf. Schruder, Die KeiL (2° édit.), p. 200 el suiv.

2. II Chron., xiv, 5 et suiv., passage qui manque dans les livres des H ois,

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