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Inscr. de Mésa, lignes

[900 av. J.-C.J LES DEUX ROYAUMES. 251

Les tribus Israélites de ce temps n'avaient pas plus que les tribus arabes, à toutes les époques, le sentiment de la fidélité dynastique. La \ie, dans les cercles où dominaient les idées ambitieuses, était un tissu de trahisons. Le iahvéisme n'eut pas plus d'efficacité que n'en eut l'islam, quinze cents ans après, pour arrêter ces débordements de crimes. La religion n'empêchait nullement de commettre des meurtres et des violences abominables. Il s'agissait de savoir si Ton était dans la faveur d'un dieu ; or cette faveur, on l'obtenait non par la justice et la modération, mais par un culte exclusif^ . Cela faisait un degré de moralité tout à fait analogue à celui des mamelouks du Caire, gens pieux assurément, musulmans très réguliers, mais qui ne croyaient nullement se brouiller avec Allah en assassinant leur maître ou en massacrant des centaines d'innocents. L'assassiné avait toujours tort; c'était un condamné de lahvé; on ne pouvait être bien coupable en exécutant une sentence du juge suprême. La religion de lahvé n'avait encore qu'un lien très faible avec la morale. Il en était de même de celle de Camos. Les trois fondateurs de ce temps, David, Omri, Mésa, sont des chefs de

1. Notez le passage I Rois, xvi, 19, où Ziinri est tué pour le crime de schisme, non pour le meurtre de son prédécesseur.

252 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [900 av. J.-C]

dynasties à la façon des Aboul-Abbas et des Ahmed ben-Touloun du moyen âge, non des Hugues Gapet, des Rodolphe de Habsbourg. Nos lourdes et bonnes races occidentales ont seules su fabriquer ce ciment à toute épreuve qui a donné h nos maisons royales une base morale de dix siècles. Le trône de David dut sa solidité à des motifs d'ordre religieux, non politiques, qui se développèrent plus tard.

Zimri fut proclamé roi à Thirsa. Mais l'armée qui était devant Gibbeton n'accepta pas cette révolution de palais. Elle proclama roi Omri, son chef, qui vint assiéger Thirsa. Zimri, voyant la ville prise, se retira dans la partie haute du palais, y mit le feu et mourut. Il n'avait régné que sept jours.

Le peuple et l'armée se partagèrent. Une moitié suivit Omri; l'autre moitié proclama Tibni, fils de Ginat. Cette division dura quatre ans. Enfin Omri devint seul roi, par la mort de Tibni (vers 900 avant J.-C). La durée de son règne est fort incertaine. D'après le texte biblique actuel, il n'aurait régné que six ans; ce qui est peu croyable, vu la trace extrêmement profonde que son règne laissa. Selon des combinaisons qui paraissent plus conformes à la réalité \ Omri aurait régné vingt-quatre ans. Ce fut, en tout cas, un véritable créateur, une

1. Duncker, Gesch. des Alt., t. II, p. 182 et siiiv. (5« cdil).

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sorte de David, auquel il ne manqua que le prestige religieux. Sa dynastie ne se mainûnt qu'une quarantaine d'années; mais il en resta un souvenir durable. Le royaume d'Israël n'est jamais appelé dans les textes assyriens que « le pays d'Omri », ou « le pays de la maison d'Omri ^ ».

Grâce à la forte organisation de son armée, Omri put remettre dans sa dépendance les pays qui, depuis Salomon, s'étaient soustraits au joug d'IsraëP. Il vainquit Gamosgad, roi de Moab, et réduisit Moab à l'état de vassalité, ce car Gamos était irrité contre sa terre -^ ». Ses grandes luttes furent avec Benhadad, roi de Damas, à qui il fut obligé de céder quelques villes, en particulier Ramoth-Galaad et les villes des pays de Tob, de laïr * . Il paraît même qu'il dut accorder quelques franchises aux Damasquins dans l'intérieur de la ville nouvelle qu'il bâtissait et qui devint très vite un centre de première importance en Syrie ^ .

Le principal service, en effet, qu'Omri rendit au royaume d'Israël fut de lui donner ce qui

i. Schrader, p. 188, 189 et suiv. ; inscr. de Mésa, lignes 7 et suiv. Cf. U Kois, viii, 18 et 27.

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