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CHAPITRE VI

PREPONDERANCE DU ROLE DES PROPHETES EN ISRAËL. PROGRÈS DU MONOTHÉISME. — MOSAÏSME.

Plus que jamais les prophètes , prédicateurs de ces grands dogmes réactionnaires, devenaient les interprètes des vrais sentiments de la nation. Une triple haie de préjugés religieux, moraux, sociaux, éloignait Israël de tout ce que les autres peuples regardaient comme le progrès. Son idéal était en arrière, dans une vie qu'il considérait comme seule digne de l'homme libre, vie pastorale ou agricole, sans grandes villes, sans armée régulière, sans pouvoir central, sans cour ni aristocratie princière, sans luxe ni commerce, avec un culte simple, sans temple ni autel bâti, sans sacerdoce formant caste ; à la base de tout cela, une philosophie d'une clarté enfantine et une théologie tout à fait contradictoire. Le premier fond et le plus vrai

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de cette théologie avait été l'idée vague dé forces multiples (les élohim), agissant parfois comme un être unique (El ou Elohim), et produisant tous les phénomènes de l'ordre physique et de l'ordre rnoral. Élohim fait du bien à l'homme qui lui plaît, du mal à l'homme qui lui déplaîl, le plus souvent se réglant dans ses sympathies et ses antipathies par des considérations de mérite et de démérite, mais souvent aussi ne donnant aucune raison de son choix. Ce déisme inconscient avait été oblitéré, à une époque ancienne, par le culte d'un dieu particulier, nommé lahvé, qui était devenu le dieu national d'Israël. Ce dieu particulier était nécessairement un grand égoïste. Il avait des préférences personnelles difficiles à expliquer ^ Il y a tel qu'il connaît par son nom, tel qu'il ignore-. L'essentiel était d'être dans ses bonnes grâces, et souvent il réservait ses faveurs h des scélérats dévoués à son culte. « J'accorde des faveurs à qui je veux, et j'aime qui je veux ^ » Pour faire réussir son peuple d'Israël, il commettait et conseillait d'horribles barbaries, il perdait des nations entières, il endurcissait les cœurs *. Il

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