ÎJp. L'embarras du narrateur est sensible
2. I Rois, XXII, 40. Le chapitre II Chron., xvii, est mêlé de ?rai et de faux. L'invasion ammonite, moabite, séirite, racontée II Chron., xx, eet douteuse.
[8»^ av. J.-C] LES DEUX ROYAUMES. :m
Sud. Le royaume de Jérusalem comprenait, à titre de vassalité, tout le Négeb et le Ouadi Arabah jusqu'à Asiongaber et la mer Rouge. C'est là probablement ce qui inspira Tidée de reprendre les projets de Salomon pour les navigations des mers de l'Inde. Josaphatfit préparer une flotte à Asiongaber en vue des voyages d'Ophir. Ochozias d'Israël demanda que ses gens pussent prendre place à côté de ceux de Josaphat sur ces vaisseaux; mais Josaphat refusa K L'entreprise, du reste, n'eut pas de suite; car les vaisseaux se brisèrent à Asiongaber. On dit qu'un prophète, Éliézer fils de Dodiahou, battit des mains sur cet accident, et le présenta comme une suite de l'alliance coupable avec les rois d'Israël-. Ce prophète eut une idée plus juste, s'il vit que le développement de richesses qu'amènerait un commerce lointain empêcherait ce grand enthousiasme pour le droit des pauvres qui a donné à la voix du peuple hébreu une sonorité sacs égale entre les voix de tous les peuples.
Josaphat eut pour successeur son fils Joram. Pendant quatre ou cinq ans, les deux royaumes eurent ainsi des souverains portant le même nom. Joram de Juda, comme nous l'avons dit, avait
J. On lit tout le contraire dans II Chron., xx, 35 el suiv. 2. II Chron., xx, 37.
310 m STOIUE DU PEUPLE D'ISRAËL. [865 av. J.-C.]
épousé Athalie, fille d'Oinri ^ profondément imbue des idées de sa famille, en fait de religion et de civilisation. L'influence de cette femme allière et ambitieuse fit abandonner à Joram la ligne de conduite qu'avaient suivie son père et son grandpère. Il régna à Jérusalem selon les maximes d'Achab, que continuait h Samarie son homonyme, Joram d'Israël. De son temps, les Édomites secouèrent le joug de Juda et se donnèrent un roi^. La campagne de Joram contre eux fut malheureuse. Cerné par l'ennemi, il réussit à s'échapper de nuit; mais Édom avait reconquis son indé-
1. Athalie est dite, II Rois, viii, 18, fille d'Aci-iab, et, viii, 20, fille d'Omri. Ce second passage est le locus classicus, celui qui compte. Cf. II Cbron., xxii, 2. Athalie avait de quarante à quarante-deux ans quand elle fit son coup d'P^tat on 88i, selon la chronologie reçue (cela résulte de II Rois, viii, 26). Elle naquit donc de 926 à 924. A cette date, Omri n'était encore que roi partiel d'Israël. L'inscription de Mésa paraît dire qu'Achab avait quarante ans quand il mourut [en 897]; il naquit donc en 937. Il n'a donc'pas pu être le père d' Athalie. Dans aucun cas, celle-ci n'a pu être fille d'Izébel, puisque Achab épousa Izébcl après son avènement au trône (I Rois, xvi, 31), en 918. Il est bien plus probable qu'Alhalie fut fille d'Omri. C'est ce qui explique son ascendant et même son mariage. En toute hypothèse, en effet (les chiffres du texte reçu acceptés), Athalie était plus âgée que Joram de Juda de quatre ou cinq ans (II Rois, vin, 17). Peutêtre le chiffre 32, donné pour l'àgc de Joram de Juda quand il parvint au trône, est-il trop faible.