II Sam., viii, 1, altéré en Chron
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rexpérience qu'il avait faite de leur supériorité militaire lui inspirait-elle un certain mépris pour les petites bandes hébraïques et araméennes. Cette appréciation de soudard émérite lui suggéra une idée qui eut sur la constitution de la royauté Israélite une influence décisive.
Presque tous les États sémitiques, pour durer, ont eu besoin de l'appui d'une milice étrangère*, la race sémitique de type arabe, par suite de ses habitudes anarchiques, étant incapable de fournir des gendarmes, des gardes du corps. C'est ainsi que le khalifat de Bagdad fut obligé, depuis le ix' siècle, de prendre à son service des milices turques, aucun Arabe ne voulant se prêter à emprisonner un Arabe, encore moins à le mettre à mort. Ce furent, à ce qu'il semble, des pensées de cet ordre qui portèrent David à lever chez les Philistins un corps de mercenaires, dont il fit ses gardes et qu'il chargeait des exécutions. C'est ce qu'on appelait les Kréti'Pléti *. Le mot Créti désignait les Philistins comme originaires de Crète-; le mot Plcti serait une abréviation populaire pour P/e'.y^/, ce Phi-
1. II Sam., Yiii, 18; xv, 18; xx, 7, 23 ; I llois, i, 38, ii; I Chron., xviii, J7.
2. I Sam., XXX, U; Soph., ii, 5; Ezéch., xxv, 16, et les textes relatifs à Caphtor, Gen., x, U; Amos, ix, 7; Jérém., XLVir, i; Dent., II, 23.
30 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [1025 av. J.-C]
listin ». Des Cariens \ distincts ou non des Philistins, paraissent aussi avoir figuré parmi ces corps de soudoyés étrangers au service des rois d'Israël. Enfin, nous voyons figurer dans l'armée Israélite un corps de Gittim ou gens de Gatli ^. L'Aryen militaire primitif égalait le Sémite hébréo-arabe en bravoure; il le surpassait en fidélité, et, quand on voulait fonder quelque chose, on avait recours à lui. Les Kréti-Pléti nous apparaissent comme analogues aux Germains, gardes du corps des empereurs romains; aux Suisses, gardes du corps des rois de France, de Naples; aux Scythes, soldats de police chez les Grecs. Ces Kréti-Pléti avaient pour chef Benaïah, fils de Joïada ^ qui figure à côté du sarsaba, et ils ne furent établis, paraît-il, que vers la fin du règne de David. La liste des gibborim n'en fait aucune mention *, et désigne par un autre mot les fonctions de Benaïah auprès du souverain. Après David, le corps put subsister sous le même nom, bien que n'étant plus composé de Philistins, comme
{. II Rois, XI, A, 19, et le ketib de II Sara., xx, 23 ; c'est peut être la bonne leçon. Sur le rôle des Cariens comme mercenaires, voy. Hérod.,II, 152; V, QQ, 111 ; Tite-Live,:XXXVll, 40.