AMOINDRISSEMENT PROFANE
Pendant qu'Israël posait pour* Tavenir les bases de sa suprématie religieuse, sa situation dans le monde s'amoindrissait de plus en plus. L'esprit prophétique et les institutions qui en naissaient, au moins virtuellement, interdisaient le développement commercial et industriel. La maison d'Omri représenta la dernière tentative pour donner à l'existence mondaine du royaume du Nord quelque éclat et quelque solidité. La politique est finie ; les prophètes en ont tué le principe; la bravoure militaire, si éclatante dans Omri, dans Achab, dans les Joram et les Ochozias, perd de son prix. Les saints et les héros représentent des côtés opposés du développement humain et font rarement ensemble bon ménage.
Arrivé au trône à la faveur d'une défaite de sa
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nation par les Syriens de Damas, Jéhu ne sut pas, durant son règne de vingt-huit ans, réparer cet abaissement national. Hazaël garda sur la frontière orientale une supériorité marquée. Toute la région au delà du Jourdain fut momentanément perdue pour Israël. Les tribus de Gad et de Ruben, la demi-tribu orientale de Manassé, les pays de Galaad et de Basan, passèrent sous la domination de Damas ^ Damas était devenue ce que les Philistins avaient été autrefois, le fléau d'Israël, Tennemi capital qu'il s'agissait de vaincre ou d'endormir.
Sur un obélisque assyrien-, Salmanasar II est représenté recevant l'hommage et le tribut de cinq peuples, parmi lesquels figure « Jahua, fils de Humri », qu'on identifie avec Jéhu^ Le tribut consiste en barres d'or, barres d'argent, coupes, vases de diverses sortes, plomb, etc. Nous croyons que longtemps les hébraïsants hésiteront à admettre une action importante de TAssyrie en pays israélite dès le temps de Jéhu. Il resterait quelque trace d'un fait aussi capital dans les maigres annales de Juda et d'Israël et surtout dans les écrits des pro-