‹ Historie du peuple d'IsraëlChapitre 240 sur 337 · Voir Corpus inscr. semit.y r« partie, n"^ 166 et suiv · texte numérisé non relu

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proches à Joïada, prêtre en chef S et à ses confrères ; il régla que désormais les prêtres ne recevraient plus l'argent de la main à la main.

Joïada, pour inaugurer ce système, fit faire un coifre ayant un trou dans le couvercle, et le plaça à côté de Tautel des sacrifices, à la droite de rentrée du temple. Les prêtres gardiens du seuil versaient dans cette espèce de tronc tout l'argent qu'on apportait. Quand on sentait que le coffre commençait à être lourd, le sofer du roi et le chef des prêtres levaient le couvercle, comptaient l'argent et en faisaient des bourses d'un poids déterminé. L'argent ainsi pesé était remis entre les mains des directeurs de l'œuvre du temple, qui le dépensaient en travaux de construction, de charpente et de menuiserie, en achat de bois et de pierres de taille. Du reste, il n'y avait pas de comptabilité régulière; on n'exigeait des directeurs aucune justification de l'emploi des fonds. La cause des abus n'était pas supprimée; mais les prêtres n'en profitaient plus. On ne laissa pour le moment à ces

i. Ne pas confondre avec le capitaine des gardes. C'est d'ici qu'est venue l'addition de ^HDn aux versets 9 et suiv. du chapitre XI du II<= livre des Rois. Quoi de plus invraisemblable que d'attribuer au restaurateur de la dynastie le rôle mesquin dont il s'agit ici? Voir ci-dessus, p. 323, note.

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derniers que l'argent des amendes et des satisfactions pour les péchés, que Ton supposa devoir suffire à leur entretien.

Uétat extérieur des deux royaumes était des plus tristes. Les attaques des Araméens de Damas se reproduisaient presque périodiquement. Vers 880, une campagne victorieuse de Hazaël mit absolument sous sa dépendance le royaume d'Israël. Joachaz vit son armée anéantie, sa cavalerie réduite à cinquante hommes. Vainqueur d'Israël, Hazaël entra sur le territoire de Juda et menaça Jérusalem. Joas de Juda n'avait pas le moyen de résister. Il donna comme rançon à Hazaël les richesses du temple, les objets votifs que ses pères, Josaphat, Joram et Ochozias, y avaient consacrés depuis le passage de Sésonq. Il y joignit ce qu'il avait d'or dans son palais, Hazaël consentit alors à ne pas marcher sur Jérusalem.

Le royaume d'Israël se releva un peu sous le règne de Joas, successeur de Joachaz \ Benhadad III avait succédé à Hazaël. Joas d'Israël, qui paraît avoir été brave, ne rêvait qu'une revanche. Selon un fragment^ dont la couleur bizarre tranche forte-

i. II Rois, xiir, /*, 5. Il y eut encore, à ce moment, deux rois homonymes dans les deux royaumes durant quelques années. 2. II Rois, XIII, U-19. Ce passage, gauchement inséré dans les

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ment sur la sécheresse des annales israélites, il alla consulter le vieil Elisée.

Or Elisée était malade de la maladie dont il mourut, et Joas, roi d'Israël, descendit le voir, et il pleura sur sa figure, et il dit : « Mou père, mon père, chars et cavalerie d'Israël ! » Et Elisée lui dit : « Prends un arc et des flèches. » Et Joas prit un arc et des flèches. Et Elisée dit au roi d'Israël : « Appuie ta main sur l'arc. » Et Joas appuya sa main sur l'arc. Elisée alors posa sa main sur la main du roi, et il lui dit : « Ouvre la fenêtre du côté de l'orient. » Et il ouvrit. Et Elisée dit : « Tire. » Et il tira. Et Elisée dit : « Bois de victoire à lahvé ! Bois de victoire contre Aram ! Tu battras Aram à Afeq jusqu'à l'extermination. » Et le prophète dit : « Prends les flèches. » Et le roi les prit, et Elisée dit au roi d'Israël : « Frappe à terre K » Et il frappa trois fois, puis il s'arrêta. Et l'homme de Dieu se mit en colère contre lui et lui dit : « Tl fallait frapper cinq ou six fois ; alors tu aurais battu Aram jusqu'à l'extermination. Et maintenant tu battras Aram trois fois seulement. »

Joas d'Israël, en effet, battit trois fois Benhadad, et lui reprit toutes les villes que Hazaël avait prises sur Israël.

Malgré ces moments d'arrêt, la décadence profane des deux royaumes faisait de sensibles proannales des rois, paraît être ce qu'on a de plus historique sur Elisée; mais l'agencement chronologique des faits souffre ici les plus graves difficultés.

i. Avec le faisceau de flèches.

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grès. Le principe d'amour qui avait été la force de la dynastie davidique allait lui-même s'affaiblissant. Les scènes anarchiques, qui ne s'étaient vues jusque-là que dans le royaume d'Israël, se voient maintenant en Juda. Joas de Juda périt comme avaient péri, en Israël, Nadab, Éla, Zimri, Joram. Deux de ses serviteurs, Jozakar fils de Siineat et Jozabad fils de Somer, le tuèrent dans la citadelle. Ce fut une conspiration de chambellans; car son fils Amasias, né d'une femme hiérosolymite nommée loaddine, lui succéda sans difficulté * et punit les coupables. La fermeté.de Joas de Juda à l'égard des prêtres du temple porta malheur à sa mémoire. Quand l'histoire juive ne s'écrivit plus que sous des préoccupations sacerdotales, on l'accusa des crimes les plus énormes, de l'ingratitude la plus monstrueuse envers les prêtres qui étaient censés l'avoir sauvé et rétabli sur le trône de David ^.

Amasias de Juda (vers 825) suivit les exemples de son père Joas et pratiqua le iahvéisme sans

i. Le livre des Chroniques présente la chose sous un jour tout différent. Le réci l des iîo/s doit être préféré, el il exclut l'autre récit.

2. C'est la version du livre àes Chroniques, évidemmenl dictée par les haines que provoquèrent les mesures sur les réparations du temple (ci-dessus, p. ^07-410).

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détruire les sanctuaires révérés par le peuple. Il fit avec succès la guerre aux Édomites, les battit dans les plaines salées qui sont au sud de la mer Morte, et prit Séla*, à laquelle il donna le nom monothéiste de Jokteël'^.

Ce succès aurait dû tourner Amasias vers un genre d'entreprises qui était en quelque sorte indiqué à la politique de Juda, c'est-à-dire vers les expéditions de la mer Rouge et de l'Inde, ainsi que l'avaient très bien compris Salomon et Josaphat. Malheureusement, Amasias ne songea qu'aux petites rivalités qui divisaient les deux parties d'IsraëP. De Pétra, il envoya à Joas d'Israël un cartel de délî. Joas répondit d'une façon évasive. Amasias ne voulut rien écouter. Joas se mit en campagne, et les deux rois se rencontrèrent à Beth-Sémôs. LesJudaïtes furent défaits, ou plutôt ils se débandèrent et retournèrent chez eux; Amasias tomba entre les mains de Joas, qui montra une modération relative. Le roi d'Israël voulut entrer dans Jérusalem par la brèche, abattant quatre cents coudées de mur, au Nord, de la porte d'Éphraïm ^

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