Ibid., IX, 13, U, 15. Cf. Joël, iv
1800 av. J.-C] LES DEUX ROYAUMES. 139
son peuple. Ils rebâtiront leurs villes détruites; ils replanteront leurs vignobles et en boiront le vin. Israël, désormais, ne sera plus arraché du sol que ïahvélui a donnée Un tremblement de terre ^ qui survint deux ans
i. Ces analogies entre la théorie apocalyptique des plus anciens prophètes et celle qui fut dominante après la captivité font naître des soupçons. En trouvant dans Amos, dans Joël, dans Osée, la description du jour de lahvé, les annonces de restauration nationale et d'unification du culte, les descriptions paradisiaques de l'avenir et l'annonce de la conversion des païens, on est tenté de voir là des interpolations. Il ne faut pas s'arrêter à ces doutes. Les extraits des anciens prophètes ont été faits d'une manière tendentieuse, en vue d'étahlir que les prophètes antérieurs à la destruction de Samarie eurent, sur les points importants, les mêmes idées que les plus modernes. Voir ci-dessus, p. 435, note 2. Les passages n'ont pas été fabriqués, mais ils ont été choisis. Or on sait combien cette méthode de passages choisis, ne présentant qu'un côté des choses et soulignant avec exagération quelques traits au détriment des autres, fausse la pensée d'un auteur. C'est comme si un lettré voulait prouver que toutes les idées du xix« siècle, en les a eues au xviie, et réunissait à ce propos des passages isolés de Vauban, de Fénelon, de La Bruyère. Si nous avions les écrits complets de la vieille école prophétique, nous les trouverions fort différents de ceux de l'école plus moderne ; nous n'avons des anciens que les phrases par lesquelles ils ressemblaient aux modernes. Dans Amos, en particulier, les coups de ciseaux se reconnaissent en beaucoup d'endroits (surtout chap. v).
2. Amos, I, 1 ; Zach., xiv, 5. Il est possible que la mention qui se lit dans Zacharie provienne de Amos, i, 1, et non d'un souvenir direct.
410 HISTOIRE DU PEUiPLE D^ISPiAËL. [800 av. J.-C.J
après les menaces d'Ainos sembla donner raison à ces prédictions sombres. Les événements, plus tard, les vérifièrent mieux encore. Peut-être Amos avait-il quelque prévision de la prochaine entrée en scène des Assyriens ^ Souvent les prophètes usaient de renseignements qu'ils avaient et de leur sagacité personnelle pour deviner l'avenir et s'en faire un mérite.
Nous possédons, sous le nom de Joël, fils de Pethnël, une tirade prophétique sans date, d'un style qui a les plus grandes analogies avec celui d'Amos, etdontles idées sont absolument les mêmes que celles du berger de Thékoa^ . Nous inclinons à croire que Joël et Pethuël sont des noms symboliques ^, et nous regardons le livret qui porte le nom