APPARITION DE L ASSYRIE DANS LES AFFAIRES PALESTINIENNES
Les renseignements historiques nous manquent d'une manière déplorable sur le siècle qui eut pour publicistes les hommes extraordinaires dont Israël a recueilli les œuvres dans le volume de ses nabis. Nous sommes devant cette histoire comme devant une série de Premiers Paris, brouillés, décousus, se rapportant à des événements dont nous ne saurions presque rien par ailleurs.^ Il semble qu'après la mort de Jéroboam II , son fils Zacharie lui succéda régulièrement. Mais ce règne fut court. Zacharie fut tué à Samarie, devant tout le peuple, par Salloum, fils de labès, qui devint roi à sa place. Avec Zacharie finit la maison de Jéhu (vers 770). Cette maison avait donné cinq rois à Israël ; elle maintint la supériorité du royaume du Nord sur celui de
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Juda, el se défendit assez bien contre Fennemi permanent, le royaume araméen de Damas. Si le fanatisme eut dans l'élévation du fondateur de cette dynastie une part aussi grande que le prétend l'historiographe juif, il faut avouer qu'on ne s'aperçut guère de cette origine, sous le règne de ses successeurs. Les prophètes sont attachés à ces rois et paraissent avoir vécu avec eux dans des relations pacifiques; mais ils ne semblent pas leur avoir demandé d'actes de persécution. Ils ne semblent pas non plus avoir essayé de créer pour Jéhu un rôle analogue à celui de David, comme cela aurait dû avoir heu si Jéhu avait rendu au culte de lahvé des services aussi grands que le suppose le texte actuel du livre des Rois.
L'assassinat de Zacharie fut suivi d'une véritable anarchie militaire *. Salloum ne régna qu'un mois. 11 fut tué par Menahem, fils de Gadi, qui organisa sa conspiration dans Thirsa, l'ancienne capitale, et de là se porta sur Samarie. C'était un homme cruel. La ville de Tappouah ^ près de Samarie, avait refusé de lui ouvrir ses portes. Il fit égorger les
1. Voy. Zach., xf, 8 (les trois bergers en un mois), et surtout Osée, III, 4,-5. Voy. ci-après, p. 461.
2. Correction presque certaine pour riDDn (11 Rois, xv, 16). Le mot DÎJinD à biffer; repris à tort du v. 14.
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hommes et éventrer les femmes enceintes*. Il paraît que son pouvoir fut toujours contesté ^. Le royaume d'Israël se débattait sous le coup d'un mal incurable. L'organisme social et religieux était en pleine décomposition ^
Les conspirations militaires se multipliaient également à Jérusalem. Joas avait été élevé au trône et précipité du trône par une conspiration de cette espèce. Amasias, son fils, périt par suite d'un complot. Il réussit à s'échapper de la ville et se réfugia à Lakis. Les conjurés l'y poursuivirent et l'y tuèrent. On mit son cadavre dans le char qu'il montait, et ses propres chevaux le ramenèrent mort à Jérusalem, où on lui donna la sépulture ordinaire des rois.
• L'armée qui avait renversé Amasias mit à sa place un de ses fils, Ozias *, né d'une Hiérosolymitaine nommée lecoliahou. Ozias ne paraît pas avoir été l'aîné de la famille ; mais l'armée le préférait, peut-être parce qu'il était très jeune; il
1. U est fait allusion, dans Osée, x, 14, à un fait analogue, rapporté à Beth-Arbel.