‹ Historie du peuple d'IsraëlChapitre 286 sur 337 · Voy. ci-dessus, p. 439, note · texte numérisé non relu

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3. Dans le livre qui porte le nom d'Isaïe, il faut d'abord retrancher les chapitres xl-lxvi, qui sont sûrement d'un autre auteur. Dans les trente-neuf premiers chapitres, d'importantes distinctions sont nécessaires. Outre les chapitres xv et xvi, qu'Isaie lui-même déclare d'un prophète plus ancien, les chapitres XIII, XIV, XXI, XXIV, XXV, XXVI, XXVII, XXXIV, XXXV, ne paraissent pas de l'ancien prophète.

4. Rien de commun entre ce dernier nom et celui du prophète Amos. I/orthographe hébraïque n'est pas la môme.

478 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISUAËL. [740 av. J.-C]

littéraire. Le sir, dans les temps anciens, avait produit des chefs-d'œuvre; mais le genre en était pour ainsi dire épuisé. Le masal continuait de fleurir; mais il n'était applicable qu'à certains ordres de pensées. Jonas fils d'Amittaï, Amos, Osée avaient créé la surate, la laisse oratoire destinée à la déclamation, et Teffet avait été immense ; mais Jonas fils d'Amittaï n'est encore qu'un hurleur, sa composition nest qu'un vomissement de haine; Osée et Amos manquent souvent d'art; ils ont des faiblesses, des duretés. On en était à Ennius; Isaïe fut le Virgile qui conduisit à la maturité le rythme créé avant lui. Cette prédication cadencée, analogue à celle du Coran, qui donne encore de nos jours tant de force au livre des musulmans, quand il est bien récité, n'a jamais été porté à plus de perfection que dans Isaïe. Isaïe est presque le seul exemple d'un grand créateur religieux qui ait été en même temps un grand écrivain.

Isaïe ne fut pas le seul prophète judaïte, à l'heure solennelle où nous sommes ^ A côté de lui, nous

1. L'indication chronologique qui se trouve dans les titres des livres d'Osée, d'Isaïe, de Michée, et qui ferait attribuer à ces prophètes une carrière trop longue, vient d'une ancienne collection qui contint les prophéties des règnes d'Ozias, Jotham, Achaz et Ézéchias. Supposons une Collection des grands écrivains fran-

iTiOav. J.-C;.| LES DEUX ROYAUMES. 479

voyons un certain Mika ou Michée, de Moréseth- Gath, qui fut évidemment un personnage considérable ^ Ses idées et son style ont la plus grande analogie avec la manière d'Isaïe; on trouve même, dans les écrits des deux prophètes, des développements identiques^. Les passages les plus éloquents de l'école prophétique, que beaucoup savaient par cœur, étaient devenus comme une sorte de fond commun, où tout le monde puisait.

Quoique Isaïe n'ait pas inventé les belles formules religieuses qui remplissent ses écrits, sa place dans l'histoire du monde n'est nullement usurpée. Il fut le plus grand d'une série de géants. Il donna la forme définitive aux idées hébraïques. Il n'est pas le fondateur du judaïsme; il en est le génie classique. Le parler sémitique atteint en lui les plus hautes combinaisons. Isaïe est un vrai écrivain; Mahomet lui est bien inférieur. Isaïe écrit comme un Grec. La pensée et la langue arrivent chez lui à ce degré de parfait embrassement au delà

çais du temps de Louis XIV, Louis XV et Louis XVI, où se trouveraient naturellement Bossuet, Voltaire. En conclura-t-on que Bossuet a écrit sous Louis XV et sous Louis XVI, que Voltaire a écrit sous Louis XIV?

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