‹ Historie du peuple d'IsraëlChapitre 317 sur 337 · Isaïe, VIII, 23, rattaché directemement à ix, I et suiv · texte numérisé non relu

Isaïe, VIII, 23, rattaché directemement à ix, I et suiv

[728 av. J.-C.J LES DEUX ROYAUMES. 515

On le nommera conseiller-miracle,

Dieu-héros, père éternel, prince de paix; Pour donner une prospérité sans fin au trône de David; Pour l'établir et raffermir par le droit et la justice,

Dès à présent et à jamais.

La jalousie de lahvé-Sebaoth fera cela.

Il s'agit peut-être, dans cette désignation énigniatique, de quelque enfant de la race royale sur lequel les légitimistes du temps fondèrent des espérances ; peut-être aussi est-ce l'image d'un roi idéal, tel qu'un iahvéiste pouvait le rêver, qui vient consoler l'imagination du prophète attristé.

Tous les événements de l'histoire, en traversant la conscience d'Israël, prenaient ainsi une teinte religieuse. Ce peuple, deux mille cinq cents ans avant Bossuet, a écrit V Histoire universelle. En fait, la religion était pour peu de chose dans ces guerres de Ninive, de Damas, de Samarie. C'étaient les prophètes qui Ty mêlaient. Il faudrait se garder de croire que ce fussent-là les sentiments de toute la nation. L'état religieux du peuple était une sorte de terre-à-terre, peu en progrès sur ce qui avait précédé. Ces beaux textes du jéhovi^^te, de l'élohiste, le livre de l'Alliance, le Décalogue, n'avaient qu'un très petit nombre de lecteurs. Les surates des prophètes étaient à peine écrites; la voix de ces inspirés se perdait dans une sorte de désert.

51 G HISTOIRE DU l> E II P L E D ' I S R A Ë L. 1 728 av. J.-G.]

Achaz portait dans la religion un éclectisme qui confinait à l'indifférence. Étant allé à Damas pour présenter son hommage à Téglatphalasar, il y vit une forme d'autel qui lui plut'. Il en fit dessiner les lignes générales et les détails, et il envoya ces modèles à Jérusalem au prêtre Ouriah, pour qu'il en fît construire un pareil. Ouriah se conforma aux ordres du roi et plaça le nouvel autel devant l'ancien sans supprimer celui-ci. Le roi, à son retour, alla présenter au temple ses offrandes, ses libations et ses sacrifices. Mécontent de la disposition adoptée, il voulut qu'on mît son autel le plus près possible du temple et qu'on y versât le sang de tous les sacrifices.

Ouriah obéit ; mais ces innovations eurent de fâcheux effets. Achaz garda une tcès mauvaise réputation auprès des iahvéistes pieux. On trouva qu'il avait négligé le culte de lahvé, parce qu'il l'avait laissé pratiquer sur les hauts-lieux et sous les arbres touffus, où Astarté lui était associée. Chose bien plus grave, si elle était vraie! Il brûla, dit-on, son fils [aîné] à Moloch^, abomination qui n'était

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