PRISE DE SAMARIE
Ézéchias avait vingt-cinq ans quand il monta sur le trône. Sa nnère s'appelait Abi; elle était fille d'un certain Zakariah. Ézéchias n'était pas encore l'homme hautement religieux qu'il fut plus tard. Rien ne prouve qu'il y ait eu d'abord entre lui et son père Achaz la moindre différence. Le ton des prophètes Isaïe et Michée fut pendant quelques années exactement le même qu'il avait été sous le règne précédent.
Michée, en particulier, est très sévère pour le roi, pour les classes élevées de la société de Jérusalem ^ Les prêtres enseignent pour un salaire. Les faux prophètes disent à chacun ce qui lui plaît, pourvu qu'on les paye^. Le monde, aux yeux
U Michée, m, 14, 11-42; iv, 9; vi, 9-16 vu, 1-6. 2. Ibiâ.y m, 11.
[725 av. J.-C] LES DEUX ROYAUMES. 519
de Michée, se divise en deux classes d'hommes, les riches et les saints. Les premiers sont au pouvoir et en usent pour commettre toutes les iniquités; les seconds sont leurs victimes de ^tous les jours. Fraudes, faux poids, rapines, exactions, voilà les pratiques des riches. Le peuple est comme dans une marmite, sucé, émacié par des exploiteurs, qui lui arrachent la peau de dessus la chair, puis la chair de dessus les os. Les bons Israélites sont surtout ruinés par les procès pour dettes; on les voit sortir nus du tribunal ; les magistrats sont sans pitié. Les jugements se rendent à prix d'argent; les nobles, les grands saignent le peuple. Les choses allaient bien mieux autrefois; il y avait encore quelques honnêtes gens. '
Malheur à moi ^ !
Je suis comme ceux qui glanent après la récolte,
Qui grappillent après la vendange
L'homme charitable a disparu de la terre, Le juste n'existe plus parmi les mortels. Tous font le guet pour verser le sang, Chacun dresse ses filets pour prendre son frère. S'agit-il du mal, ils ont deux mains; S'agit-il du bien, [ils sont manchots^].
Le prince demande,
Le juge marchande,