Comp. Isaïe, lvi
2. Inutile de dire que ce iail n'avait rien de commun avec le
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Pour la vingtième fois, David fut désolé d'une mort qui le tirait d'embarras, et les récits furent arrangés de façon qu'il n'en fût pas responsable. Toute Tarmée défila devant le vieux roi, assis au milieu de la porte de Mahanaïm, et la royauté d'Israël fut sauvée ; ajoutons : la destinée d'Israël. En effet, si le règne du fondateur de Jérusaleu eût fini d'une aussi triste manière, David n'eût pas été le personnage légendaire qu'il est devenu, et, d'un autre coté, lahvé n'eût pas été le dieu fidèle envers ses fidèles, le dieu entre tous qu'il vaut le mieux servir; car il est un dieu sûr.
Quand Ahitofel et les rebelles maîtres de Jérusalem apprirent la victoire de David, ils se débandèrent. Ahitofel revint h Gilo, mit ordre à ses affaires, s'étrangla et fut enterré dans le tombeau de ses pères. L'ensemble des tribus, ce qu'on appelait Israël, ne s'obstina pas dans la révolte. La tribu de Juda, qui était la plus coupable, fut plus difficile à ramener. Ce fut l'œuvre des prêtres Sadok et Abiathar. Amasa fut maintenu dans son commandement militaire. Le politique David sembla quelque temps réserver ses faveurs pour ceux qui l'avaient trahi ; il était sûr des autres. C4ela
tombeau asmonéen ou hérodien de la vallée du Cédron, qu'on appelle « Tombeau d'Absalom ».
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causa plus d'un mécontentemenl. La masse de la tribu de Juda accourut au-devant de Tarmée royale, quand elle repassa le Jourdain, à Galgal. Semeï de Bahourim vint avec mille Benjaminites demander grâce; tous furent pardonnes.
Le cas de Meribaal était embarrassant. Ce malheureux vint de Jérusalem trouver le vainqueur, affectant de n'avoir ni fait sa barbe, ni nettoyé ses habits depuis le départ du roi. Siba, cependant, continuait à le charger. David hésitait. Il partagea les biens de Saûl entre Meribaal et Siba. Meribaal n'accepta pas cette solution injurieuse. On ne sait ce qu'il devint. 11 ne paraît pas, en tout cas, avoir retrouvé les faveurs que David lui avait accordées.
Barzillaï le Galaadite était aussi descendu de Roglim et vint passer le Jourdain avec le roi, pour l'accompagner jusqu'à l'autre bord. C'était lui qui avait fourni des provisions au roi pendant son séjour à Mahanaïm. Et le roi dit à Barzillaï : ce Viens avec moi de l'autre côté du Jourdain : je pourvoirai à tes besoins chez moi, à Jérusalem. y> Mais Barzillaï répondit : « Combien d'années ai-jedonc encore à vivre, pour aller avec le roi à Jérusalem ? J'ai quatre-vingts ans, à l'heure qu'il est. Je ne discerne plus l'agréable du désagréable; je ne sens plus ce que je mange ni ce que je bois; je n'en-
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tendrais plus la voix des chanteurs et des chanteuses... Laisse-moi donc repartir, pour que je meure dans mon endroit, près du tombeau de mon père et de ma mère. Voici, par exemple, ton serviteur Kimeham \ qui pourra passer le Jourdain avec le roi mon maître; traite-le comme il te plaira. » Alors le roi dit : a Ce sera donc Kimeham quiviendraavecmoi.» Toute la troupe passa ensuite le Jourdain. Quand le roi eut passé aussi, il embrassa Barzillaï, et lui fit ses adieux. Puis le roi marcha vers Gilgal, et Kimeham l'accompagna.
Éphraïm et les tribus voisines n'avaient pas pris part, comme nous Tavons vu, à la révolte d'Absalom. Ces tribus restaient indifférentes à un conflit qui n'était, à leurs yeux, qu'une querelle domestique. Mais l'empressement des Judaïtes à rétablir le roi qu eux-mêmes avaient déposé les blessa profondément. Ce fut comme si les Parisiens, après avoir chassé Charles X, en juillet 1830, se fussent avisés de le rétablir, sans consulter la province. On se plaignit vivement que Juda réglât tout par son caprice. € Nous avons dix parts du roi, disaient les mécontents ; David nous appartient plus qu'à vous. y> La discussion fut très vive. Le feu al-