I.IRois, v
2. I Rois, X, 14-15, passage moderne ; le mot mnr est assyrien.
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qui aient existé. Les personnes étrangères aux affaires (et notre historien est sûrement un naïf au premier chef) ne comprennent rien aux impôts, aux finances, aux charges d'un État. Les dépenses les mieux justifiées leur paraissent des fantaisies de despote. Le contribuable d'esprit simple (et .combien y en a-t-il !) croit que l'argent qu'il paye au souverain, le souverain le dépense, comme il ferait lui-même, en bombance et en plaisirs. L'historien de Salomon dont nous parlons décrit avec prolixité des prodigalités puériles; à côté de cela, il mentionne d'un mot et comme en passant des dépenses parfaitement sérieuses (villes rebâties, docks, magasins, arsenaux, ports, haras, organisalion de certaines branches de commerce).
Nous qui savons comment les choses se sont passées à la suite du règne de Louis XIV, nous voyons bien que ces brillants développements de puissance monarchique sont à double visage. Avantageux pour une partie de la nation, ils pèsent lourdement sur l'autre partie. Les uns en souffrent, les autres en profitent. De là toujjours deux courants contraires de jugements historiques sur ces grands faits. Salomon fut, évidemment, détesté des uns, admiré des autres. L'opinion des contribuables s'est traduite par le ressentiment des
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prophètes et des historiens sacrés, chez lesquels perce une opposition sensible contre le roi profane et dur au peuple. Il était cruel pour ces fiers Israélites des tribus du Nord, qui n'avaient jamais subi aucune domination, d'être ainsi traités en gens taillables et corvéables à volonté. Gela était d'autant plus pénible que la ville de Jérusalem et la tribu de Juda bénéficiaient seules de ces charges imposées à la nation. L'État, quand il fait son apparition dans une société, se présente sous une forme très vexatoire. On voit ce qu'il coûte; on ne voit pas ce qu'il rapporte. Les populations décimées ou affamées pour les plaisirs et les grandeurs de Louis XIV ne pouvaient se douter qu'elles souffraient pour autre chose qu'un égoïsme démesuré. Israël devait d'autant moins se payer de cette consolation fragile que l'œuvre de Salomon était antipathique à son génie et qu'elle fut éphémère. Ces grandes choses veulent être jugées par le revers ; or, cette fois, le revers fut triste. Si, le lendemain de la mort de Louis XI V^, la France se fut disloquée, le jugement de l'histoire sur le grand roi serait fort différent de ce qu'il est.
L'opinion contraire à Salomon était donc légitime à beaucoup d'égards. Toute la littérature du royaume du Nord en fut imprégnée; en Juda même.
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les iahvéisles de l'ancienne école lui furent hostiles. Et pourtant ces justes récriminations n'ont pu étouffer le concert des voix favorables, qui placent sous ce règne un énorme accroissement de la population, de la richesse publique, du bien-être général. « Les habitants de Juda et d'Israël étaient nombreux comme les grains de sable des bords de la mer. On mangeait, on buvait, on se réjouissait ^.. Juda et Israël demeuraient en sécurité, chacun sous sa vigne et son figuier, de Dan à Beerséba-. » A Jérusalem, l'or et l'argent circulaient avec une abondance dont on ne s'était pas fait une idée jusque-là^.
Ce furent surtout les populations chananéennes, encore distinctes des Israélites, qui souffrirent de ce régime de travaux forcés et de fiscalité. David, avec beaucoup de raison, avait travaillé à l'assimilation de ces vieux restes d'indigènes. Salomon fut amené, par les exigences du trésor, à une politique toute contraire. Pour rendre les charges moins lourdes aux Israélites, il fit des serfs avec ce qui restait des anciens Hittites et Chananéens. Ces malheureuses populations se virent assujet-