Ibid.^ m, 5 et suiv
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serment prêté à Sémeï. Une sorte d'escobarderie politique était tenue alors pour le comble de l'intelligence. Salomon n'avait pas besoin pour l'acquisition de ce don d'une faveur divine particulière. Les instructions que son père lui donna en mourant étaient bien l'idéal de ce que lahvé fut censé lui avoir révélé. Ici encore, nous croyons qu'une distinction est nécessaire entre le caractère réel de Salomon et la manière dont l'historien Tinterprète. Réduites en maximes générales et commentées par la façon dont Salomon les exécute, ces instructions de David sont le code de l'absolutisme théocratique le plus épouvantable. La manière dont les meurtres d'Adoniah, de Joab, de Sémeï sont expliqués suppose que ce qui réussit est le bien. La cause que lahvé aime est la cause juste; il la fait juste en l'aimant. Le droit abstrait n'existe pas; il n'y a pas de victimes dans le monde; celui qui est tué a tué. Sémeï, qui s'est trompé de parti, et qui a eu des torts envers l'élu de lahvé, est un coupable. Le hattâ, « le pêcheur )>*, est le disgracié, celui à qui les événements donnent tort-, (c celui qui sent mauvais aux narines de Lnhvé )).
i. Bien étudier les sons de N*Jn, surtout Eccl., ii, 26. 2.1 ïlois, I, 21.
1995 av. J.-C] LE llOYAUxME IINIQIE. 100
Tout cela était la conséquence de ce principe que le crime est nécessairement puni en ce monde. Quand on professe une telle croyance, on doit supposer que Ton sert Dieu en menant le criminel à sa perte. Toute sévérité royale est, de la sorte, Texécution d'une volonté divine et mérite une récompense de Dieu ^ Le gouvernement qui frappe est un agent de lahvé^. S'il ne frappe pas, il manque à son devoir. En punissant, il se soustrait lui-même au châtiment. Joab a commis des crimes; David en a bénéficié, et, pour cette raison, n'a pas du le tuer. Mais le fils de David doit tuer Joab, pour que la race de David soit sauve à tout jamais ^. Le roi est justicier de Dieu. La direction- qu'il donne au glaive est l'effet même de la volonté de lahvé. A une époque plus ancienne, lahvé tuait directement par lui-même. Maintenant, il tue par le roi... On voit que les plus sombres cauchemars de la
i. Dans les pays très primitifs comme la Bretagne, où l'on croit volontiers que certains crimes, le parjure, par exemple, sont punis ici-bas, on se trouve amené, pour faire honneur à la Providence justicière (représentée là par saint Yves), à tuer le coupable, quand On a la certitude intime, indémontrable aux autres, du parjure commis (Crime de Hengoat).
2. Comparez la doctrine de saint Paul, dans l'Épitre aux Romains, XIII, 1 et suiv.