‹ Historie du peuple d'IsraëlChapitre 65 sur 337 · I Rois, II · texte numérisé non relu

I Rois, II

J 10 HISTOIRE DU P E lî V LE D ' I S R À K L . [mô av. J.-C]

politique ont troublé îe cerveau humain longtemps avant Philippe II.

Nous avons peine à croire que Salomon, dont le défaut ne paraît pas avoir été le fanatisme, ait eu de pareilles pensées, empreintes d'un iahvéisme sombre. On les lui prêta, parce qu'elles étaient les idées dominantes du temps. La justice dans le monde était Tabîme où se perdait la conscience israélite. N'ayant pas la ressource, comme le christianisme, de (( renvoyer le coupable à son juge naturel s>, le penseur israéhle était réduit à interpréter à sa guise l'arrêt souvent obscur de lahvé. Disons-le à l'honneur du peuple hébreu, il n'a jamais été jusqu'à l'absurdité de l'ordalie; Vurim et tumniim, qui a couvert tant d'impostures, ne parait pas avoir fait mourir un innocenta La hokma de Salomon a pu souvent impliquer beaucoup d'arbitraire; il ne semble pas qu'elle ait jamais rien livré au pur hasard.

Quelque chose émergeait de ce chaos de sophismes. Telle idée qui nous paraît maintenant ar-

1. I.e cas de Jonathas n'est pas un cas de justice ordinaire ; ce n'est là, d'ailleurs, qu'une historiette piquante. L'expression mn^ ^jD'? n'implique pas toujours un tirage au sort. Les jugements par lahvé étaient l'analogue des oracles grecs, non des ordalies.

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riérée a pu être autrefois en progrès sur le passé. Les vieilles langues sémitiques impliquaient un sentiment de justice mal analysée, un principe de moralité grossière, mais forte. Le crime était considéré comme une énormité contre nature, qui entraînait fatalement la peine K Peu à peu on arrivait à faire une part aux divinations intuitives. L'art de rendre la justice, de discerner promptement et sûrement le vrai coupable, passait pour un don divin, pour une part de la sagesse qui vient de Dieu. La légende supposa que Salomon avait excellé en ce genre ^; elle n'avait peut-être pas tort. Les gouvernements très égoïstes aiment à se montrer justes, quand leur intérêt n'est pas en cause; l'intelligence qui sert à faire réussir un calcul politique peut aussi servir à trouver avec sagacité le nœud d'une cause compliquée.

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