I Rois, VII
A. Ibid., VII, 7.
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de niche ronde. Les bras posaient sur des lions. Douze autres lions étaient rangés sur les marches, six de chaque côté. Le bulFet du roi n'excitait pas moins d'admiration. Toute la vaisselle était d'or pur. « Rien n'était d'argent; l'argent n'était compté pour rien du temps de Salomon^ y>
Voilà la partie en quelque sorte publique, ouverte à tous. Puis venait, dans une autre cour, l'habitation du roi, décorée comme la salle du trône; puis le palais de la reine, fille de Pharaon, analogue aux salles précédentes; puis le harem, dont le narrateur, selon l'usage de l'Orient, ne fait aucune mention. Le palais de Salomon était entouré, comme le temple, d'une enceinte formée au moyen de trois rangées de pierres de taille, surmontées de poutrelles de cèdre, qui formaient probablement une espèce d'auvent,
Outre ce grand ensemble de bâtiments, rattachés les uns aux autres, il y avait ce qu'on appelait « la forêt du Liban ». Le rez-de-chaussée de ce singulier édifice présentait, en effet, l'aspect d'une forêt. Qu'on se figure une cour rectangulaire comme la grande construction d'Hébron^, en pierres co-
i. Illois, X, 21.
2. Mission de Phén., pi. XL. Rien de plus commun en Piiénicie que des murs d'appui, formés le plus souvent de la roche
13i HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. 1985 av. J-.C]
lossales, avec une seule porte, presque sans fenêtres. Quatre rangs de colonnes de cèdre, dressées parallèlement au mur, dessinaient de chaque côté quatre allées. Ce promenoir, recouvert d'un plancher, servait de support à trois étages de chambres, qui montaient le long du mur. Il y avait quinze chambres à chaque étage, en tout quarante-cinq. Les fenêtres étaient encadrées de linteaux de cèdre. De telles constructions devaient rappeler beaucoup les maisons d'Asie-Mineure, construites en bois entrelacés, avec un gros mur pour appui.
La « forêt du Liban ^ était un arsenal K On y conservait deux cents grands boucliers- et trois cents petits boucliers dorés ^ armes de parade destinées aux gardes, qu'on ne leur livrait que les jours où ils devaient en faire usage*.
Rien, dans notre art moderne, ne saurait donner une idée du style de ces constructions bizarres,
verticale, avec des Irous pour les poutres, qui s'amorçaient autrefois à une devanture légère. Le rectangle d'Hébron servit peut-être aussi, dans le principe, à épauler des appentis intérieurs.
1. 1 Uois, X, 10, 17, 21; Isaïc, xxii, 8. C'est, si l'on veut, la Tour de David du Cantique, iv, i.
2. Sinna, boucliers rectangulaires, couvrant tout le corps. 8. Magen, boucliers ronds ou ovales.
i. I Uois, XIV, 26 et suiv.
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présentant le contraste des masses les plus lourdes et des accessoires les plus légers, sortes d'appentis, parfois à plusieurs étages, accolés à des murs colossaux*. Les bois de premier ordre que Jérusalem tirait du Liban donnèrent à ces constructions un caractère que ne connm^ent ni TÉgypte ni la Grèce. Un seul bloc de pierre formait toute l'épaisseur du mur; aussi le bloc était-il layé sur toutes ses faces, avec un soin extrême. Il n'y avait pas de parties négligées. Les bases étaient en pierres de huit ou dix coudées; les assises supérieures en pierres plus petites, à refend, toutes égales, rangées selon le mode que les Grecs appelaient isodome. Un type parfait de ce genre de bâtisse est la grande enceinte d'Hébron, qui n'est peut-être que l'armature extérieure d'un palais'^, analogue à celui que, du temps de Salomon, on appelait « la forêt du Liban )) .
Outre ses grandes constructions de Jérusalem, Salomon paraît s'être fait bâtir des maisons de plaisance dans le Liban ^, peut-être dans la vallée du