LA BARONNE
Et moi aussi...
ERNEST, gaiement.
Me voilà sûr d'avoir raison !
LE DOCTEUR, étonné et regardant Ernest.
Quel changement ! je n'en reviens pas... Il a pris depuis ce matin un aplomb et un air d'assurance!... (Entre le marquis.)
LE MARQUIS
Mille pardons, mesdames, de vous avoir fait attendre... est-ce qu'il est tard ?
LA MARQUISE
Non : six heures et demie.
LE MARQUIS
Je reviens de Bagatelle... (à Ernest.) et je me trouve admirablement bien de ce que vous m'avez ordonné ; je me sens une force... d'appétit! (Au docteur.) Vous avez là, docteur, un élève qui ira loin...
LA BARONNE et LA COMTESSE.
C'est ce que nous disions tout à l'heure !
LA BARONNE, au docteur.
Ah ! monsieur est votre élève ?
LE DOCTEUR, cachant son dépit.
Oui, madame, je m'en vante.
LE MARQUIS
Ce qui m'étonne, moi, c'est qu'il ne soit pas plus connu!
LA MARQUISE
Parce que vous ne le voulez pas. Il y a à la maison du roi une place de médecin...
LE DOCTEUR, à demi-voix.
Celle dont je vous parlais...
LA MARQUISE, au docteur, d'un air distrait.
C'est vrai... c'est vous qui m'avez appris qu'elle était vacante. (A. son mari.) Une place superbe !
LE MARQUIS, vivement.
Je la demanderai, rnaaame, je îa demanderai. (Montrant Ernest.) 11 est justement du département dont je suis député ; et, dès que cela vous intéresse...
LA MARQUISE
Beaucoup ! Vous ne pouvez rien faire qui me soit plus agréable.
LE DOCTEUR, à part.
C'est fini ! le voilà lancé ! et à propos de quoi, je vous le de« mande!
UN DOMESTIQUE, annonçant,
Madame la marquise est servie l
252 IHSTOMETTES ET VROVERF.ES.
LA MARQUISE, à Ernest.
Allons, notre protégé, donnez-moi la main.
LE MARQUIS, au docteur, pendant que tout ](• monde passe dans la salle à manger.
Savez-vous, docteur, que c'est glorieux pour vous?...
Aider mes confrères, quels qu'ils soient, et surtout protéger la jeunesse, ce fut toujours mon seul but.
LE MARQUIS
Aussi GÇ jeune homme-là vous fera honneur dans le monde !
Et à vous aussi, monsieur le marquis.
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